396 ·---------------------- LA RE\'UE SOCIALISTE Pour ne citer qu'un exemple de cette tendance vers un but saisissable, nous rappellerons, à côté de la consolidation du Bureau international permanent dont nous venons de parler, la décision instituant une commission spccialc pour l'étude des questions rclatiYcs à l'arbitrage international dans ses applications pratiques et à la réforme du droit international en vue de la substitution de l'arbitrage à la guerre. On avait commence, dans le premier Congrès, par se mettre d'accord sur les principes primordiaux du futur droit des gens; on posscdait ainsi l'assise d'un cdificc dont les étages devaient se superposer par l'effort des socictés et beaucoup aussi par la logique des évcncments. En effet, les dépenses des États pour le maintien de la « paix armée » devaient nccessaircment devenir de plus en plus ruineuses et, par conséquent, de plus en plus impopulaires. Pour accréditer l'idcc de la paix universelle il suffisait d'attaquer, dans tous les pays à la fois, la tradition erronée d'après laquelle la guerre est une institution sacro-sainte, un mal sans doute, mais un mal inévitable, contre lequel il n'existe pas de remède efficace. La science, rigide dans ses dcductions, vint certainement en aide aux « pacifiques ». Elle démontra que les principaux flcaux dont souffrait l'humanité n'étaient point des fatalitcs inexorables et qu'il suffisait de les combattre pour en atténuer de beaucoup les funestes conséquences, en attendant qu'on pùt s'en dcfaire pour toujours. Elle dccomTit les microbes des plus terribles infections et, en imposant des régies d'hygiéne par la force de la persuasion, elle prouva que l'homme est le plus souvent l'artisan des malheurs qu'il considère comme dcrivant fatalement des imperfections de sa nature. La guerre devait, à plus forte raison, cesser d'être considcrée comme un irn'.:vitablc flcau, dont on cherchait à retarder la terrible échéance en ruinant les peuples par des armements insenscs. Une fois entrée dans cette voie, la propagande pacifique avait pour auxiliaires auprès des masses l'effrayant accroissement des impôts et l'insccurité sociale, qui est la conséquence forcée de l'impuissance des États à remplir leur mission de relèvement des couches de la population malheureuses et mécontentes. C'est ainsi que l'idce de la paix, comme condition absolue d'existence pour les nations, s'est propagée depuis quelques annces dans les populations d'Europe avec une force d'expansion toujours croissante. On peut affirmer que le Congres de Berne, en 1892, a contribue pour une bonne part à cc résultat en dirigeant l'attention du· public sur les moyens d'acheminer la thcorie pure vers sa rcalisation pratique. Les socictés américaines de la Paix ayant exprimé le dcsir d'avoir chez clics le Congres de 1893, il fut satisfait à cc désir, et le cinquième .
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