La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

AXXIVERSAIRE DE LA ~IORT DE BEXOIT MALON sateur <le l'Internation:1lc, il décrit son attitude pcnd:1nt et apn'.·s ]'Année terrible ... Parlant des prcmiercs années de i\lalon, Fournicre s'ccric : Cc jeune ouvrier s'imposant à ses camarades de Put.:aux par b maturité de son jugement, était devenu, sans mandat aucun, leur conseiller et leur juge de paix ... Ce grand garçon arri\"ant de son \"illage, plutot lourd d'aspcct, bègue, imposait à ces sceptiques parisiens. Aussi le suivirent-ils dc confiance quand il adhéra à l'lntt'.rnationalc ... On se rappelle l'admirable défense qu'il l'.Utlors du premier procès de l'Internationale ... Les én~ncmcnts ~e précipitent. L'administrateur municipal des Batignolles est envoyé à l'Assemblée de Bordeaux, d'où il sort en mémc temps que Victor Hugo, Garib.1ldi n'ayant pas été jugé assc,. bon français par les amis de Bazaine, qui le condamnèrent quelques mois plus tard ... Sa participation à la Commune était tout indiquée. Il y fut à la fois administrateur et soldat. .. .. . Si j'ai tenu à rappeler le passé militant de Malon, c'est qu'on s'attache. en ce moment i1couper les agissants du socialisme en deux camps opposés, les intcllectucls et les milit:ints. Comme Renard vous l'a dit tout à l'heure, cet intellcctud fut aussi un militant. 'on, il n'y aur:i jamais di\"orcc entre ces deux éléments indispcns:iblcs du Socialisme, et c..:ux qui l'él:iborent par la plume sont préts comme i\lalon à le défendn; fusil au poing. On :i reproché i1 Malon œ qui fait son plus grand titre de gloire, d':ivoir introduit les concepts de bonté, de justicc et d'idl'.:al d:111snotre concept général. L'on oublie que s:1ns ces concepts, auxquels Malon restitua toute leur valeur dans les études et dans l'action socialistes, le Socialisme ne serait qu'une poussée de brutcs sc ru:int à l:i p:itl'.:e,au lieu d'étre b juste aspiration à la solidarité et à l':unour. DISCOURS DE PAULE MINK C'est presque comme une p:irentc que je tiens :) rendre hommage à M:1lon, au nom de trente ans de luttes communes qui ont fait de notre ami mort un Yéritable frère pour moi ; nous tous, les militants de l.1première heure, nous avons le droit et le devoir de le pleurer. Ils ne sont plus nombreux ceux qui l'ont connu simple homme de peine à la teintureril'. de Puteaux, mais déjà dévoué à la cause du peuple, déjà socialiste conYaincu. Ils se rappellent son ardeur à l'étude, son courage qui s'affirmait chaque jour pour la lutte sociale. Oui, ainsi que notre ami Fournière l'a dit tout à l'heure, Malou était un militant de la pensée et de l'action. Vous vous en souvenez, \·ous les pionniers d'ayant-garde, alors que les membres du premier bureau de l'Internationale furent poursuiYis, condamnés - car on traquait les internationalistes comme aujourd'hui les anarchistes - immédiatement Malon, Varlin et d'autres se présentèrent pour reconstituer le bureau de 1'1nternationale dissous et affronter les

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