LA REVUE SOCIALISTE sont les plus puissants auxiliaires de la logique, dans les évolutions de l'esprit humain. Quant aux irréductibles et à ceux dont l'antagonisme des idées est aigri par des impulsions individualistes étrangi:res aux nobles buts, leurs critiques ou leurs attaques perdent de leur acuité devant les procédés du doux philosophe. Les résultats sont connus : Le socialisme a fait pendant la vie de Benoît Malon et fait encore depuis sa mort des progri:s immenses, aussi bien parmi œux que leur situation présen·e, ou paraît préserver, pour l'instant, des malfaisances du régime actuel que dans ses victimes immédiates. Or, n'est-il pas évitlcnt qu'une bonne part de cette extension revient à notre grand ami, qui a su faire vibrer des cordes sentimentales sur la lyre d'airain des revendications justicières du socialisme. Dans le militant (nous savons que Malon fut militant avant de se consacrer à la philosophie sociale ; il le fut même alors, et à cet égard son action n'est p,ls connue de tous), dans le militant, dis-je, l'attribut dominant de sa généreuse nature se transforme, en s'élargissant comme son objet. Ce qui était bonté en Ül\'eur de l'individu, devient devoir envers la collectivité. Le dévouement, la forme la plus sublime de l'amour, remplace en lui lesbruyantes excitations de la lutte. Ce n'est plus son cœur seulement, c·est son être tout entier que, fidèle pratiquant de la solidarité universelle, il consacre ù la cause de l'humanité. Aussi le voit-on, en 1871, après la défaite de la Commune, errer, non abattu, mais indifférent au milieu des patrouilles versaillaises. Il ;\\"ait donné sa vie ; devant cc tragique effondrement de ses n:vcs, il ne songe pas ù la reprendre et à reconstituer en quelque sorte son indi,·idualité. Citoyennes et citoyens, ce serait méconnaître étrangement le caracthe de celui que nous pleurons que de nous renfermer dans une admiration platonique. Donnons au pieux sentiment qui nous réunit ici une forme en harmonie avec le but de la vie entière de Benolt Malon, pratiquons sa bonté acti,·e en accomplissant le de,·oir social, tenons le premier rang parmi les dévoués accourus à cc chaleureux appel du Socialisme i11ti!gral: Ne vous attardez pas sur la vieille rÎ\"C1 près des S."lnlcs b.il-ivloniens :\ reg.trdcr couler tristement le Oeu\'C des choses qui pa~sent; 1~ pont est jeté; ccigne!Z,·os reins et venez d'un cœur ferme .\ l'armée des prolêtariats ~ocialii,tes en marche pour la conquête d'une c,vilio;.ation supérieure. Li C!>t le Jc"oir, c,tr Il est le comb,lt pour l'émancip.ttion des asser\'is, pour l' .tmêlior..1tio11 mor:1lc, pour le mieux-être social de tous. Bi NOiT MALON' SNi11/is,,u iull'grnl, t. I. Aimi nous honorerons sa mt:moirc et nous le ferons re,·iHc en Je continuant. }fotre ami Eugène Fournière a ensuite pris la parole au nom de la rédaction de la Revue Socialiste... Il s'est surtout attaché à montrer le r~'lle d~ i\lalon_ militant. Apres aYoir retracé sa Yie de petit paysan, d ou,-r1er traYadlant aYec acharnement à s'instruire, de fcrYcnt oraanio
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