La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE nation à se réunir à l'autre; et Yoilà l'origine de l'Amour, scion Platon. L'idec de la bisexualité des premiers êtres humains se retrouve également dans le Mithraïsmc : il est <lit que <le l'arbre de vie, le Reiva, sortit un androgyne, qui, divise en deux, forma l'homme ,\Ieschia et la femme Mescbia11a, les ancêtres du genre humain. On pourrait retrouver le mythe androgyniquc dans les légendes de bien d'autres peuples. Un assyriologue moderne, M. Ledrain, parce qu'il constate dans les religions de l'Asie antericurc de nombreux cas d'hcrrnaphroditismc di\·in, conclut que l'homme aYait d'abord. conçu la diYinité sous une forme bisexuée. Mais les Dieux androgynes, dont il a trouYe le sou- ,·cnir sur les briques et les monuments de l'Asie, appartiennent non pas à une nation sauyagc, mais à des peuples d'une ciYilisation trés aYancéc, YiYant dans des cités, connaissant l'ecriturc, l'agriculture, l'art de travailler les metaux, etc.; d'un autre côté, on sait que <lans les Pantheons égyptien et grec, eith et Zeus, pour ne pas mentionner d'autres Dieux, ne deviennent hermaphrodites qu'après aYoir été longtemps adores sous l'image d'un sexe unique (r). Les Dieux androgynes appartiennent, au contraire, à un cycle mythique postérieur à la conception de l'hcrmaphrod.itismc du premier couple humain. Il ne rentre- pas dans le cadre de cet article de donner les raisons qui militent en faveur de cette opinion. Ecartons les Dieux androgynes et posons-nous cette double question : Que signifie cc premier être humain bisexué et cet Adam doue d'une si etrange longéYité ? - y a-t-il une réalite sous cc.s irrealites et quelle est-clic? * * * Morgan a demontré dans son liYrc, qui fait epoque, que chez les sauyagcs les plus primitifs dont on ait conscn·é le souYenir les mariaCYCS 0 aYaicnt lieu dans le sein de la horde, qui, scion l'expression de Mac Lcnnan, etait endogamiquc : il fallut une longue éYolution aYant que les relations sexuelles fussent interdites entre les membres d'un même groupe. Mais afin de prevcnir les unions entre mère et fils, et pére et fille dans les hordes cndogamiqucs, on les subdivisait en quatre couches (1) Une des planches du Pa11/béo1É'.gyptien, de Champollion le Jeune (1823), reprès~nh: ~Ycc les organes mas_culms, Nc,th, la grande déesse de Sais, dont toute l'Égypte cckbrn,'. an1,1uel_lcmcnt1~ f~tc. - La Galerie Mytbologique, de Ch. Lenonnant (1850), reproJu,t, d apres des mcdaillcs, un Zeus avec des mamelles ; et saint Au<>ustin cite un Yicux _p0ètc l'.ni'.1qui appdle Jupiter r11111i1t11s (nourricier), le père u la mi!~e des Dieux, proge111togre111/nx que deum,

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