La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE REVUE DES REVUES Philosophie et Littérature Pour justifier les violences de l'autorité opposées à celles des propagandistes par le fait, il est assez d'usage d'affirmer que l'anarchisme est un des symptômes les plus caractérisés de notre dégénérescence physique et morale, une sorte de maladie nerveuse passagere, une étrange crise sociale, dont la terreur de la guillotine aura promptement raison, comme celle du martinet calme les enfants surexcités. Cc raisonnement n'a que l'inconvénient d'être faux. La fièvre de mort, la rage de révolte qui poussercnt le bras des Henry et des Caserio est une maladie, soit; mais c'est la même que l'on trouYc comme embusquée a tous les tournants de l'Histoirc, sévissant dans les jours agités et troubles des périodes de transition. Plus faite d'instincts : d'appétits et de haines que de théories, l'anarchie est vieille comme les passions. Comme toutes choses vivaces, elle sut s'adapter aux milieux de façon à être méconnaissable. Mais sous ces apparences la chose demeure : la révolte de l'indiYidu contre l'autorité, quelle qu'elle soit. - Au Moyen-Age, la seule puissance à peu près incontestée <'.:taitcelle de l'Église. Parmi les hérétiques qui se rebellent contre clic, certains : les Frères du Libre Esprit, font aux inquisiteurs, leurs juges 1 des réponses que nous rapporte M. Raoul Allier dans un bien curieux article de la REVUEDE PARIS(numéro du r 5 août): Les A11arcbisteasu Moym-Age, déclarations presque identiques à certaines plus fameuses et plus modernes. Le 30 décembre 1367, un nommé Jean Spinner est traduit, à Erfurt, dcYant l'inquisiteur ·walthcr Kerling : « L'homme libre, pro-

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