LA REVUE SOCIALISTE s1 1n1ustement réparties, et tournent leur attention du côté de la taxe successorale, seul impôt dont l'incidence ne retombe pas, en derniére analyse et en suprême répercussion, sur les paunes, les ounicrs, les producteu~s. Il y a au moins un pays où les gouYcrnants sont indifférents à ces sortes de problcmes et se désintéressent des solutions éYentuelles à leur apporter : ce pays, c'est la France. C'est ainsi que la majorité de la Chambre française a repoussé à une majorité énorme, les projets de réforme proposés par Jaures et Cavaignac, tandis qu'en Angleterre, c'est sir ·william Harcourt, le gouYernement en personne, qui a demandé aux Communes et à la Chambre des lords un 1'emaniement général des taxes successorales, afin de faire une place plus large à la progressioq sur les propriétés d'une valeur supérieure à 1,000 livres sterling (25,000 fr.), en même temps qu'on exonérerait en partie les propriétés inférieures à cc chiffre. M. Fournier de Flaix public, à cc sujet, dans la Revue d'économiepolitique, un article trcs documenté, quoiqu'un peu confus, oü se rén~lc bien le snobisme des publicistes et saYants français. Vérité en dcça, erreur au delà. 11. Fournier de Flaix trouve trcs habile, parfaitement" légitime, la réforme opérée par sir William Harcourt. Mais les principes qui l'ont inspiré, excellents à appliquer de l'autre coté de la Manche, sont« désordonnés, dangereux, inquiétants», quand ils sont repris par un député français. Ainsi Ya le monde. « Le fils du général Cavaignac, dit-il avec dédain, a pu grouper 220 voix; ces voix ont accepté « l'impôt progressif sur les riches. » A un autre endroit, il affirme qu' « on ne rencontrerait pas, à la Chambre des communes, un seul députe'.: pour offrir, comme n'a pas hésité à le faire M. Cavaignac, d'aprcs les usages révolutionnaires, des interêts séculaires en holocauste à des interêts nouveaux, mais à peine existants ». Autant que je puis comprendre - car il faut faire effort, parfois, pour saisir le sens de ses propositions, comme pour saisir la tendance de l'article - M. Fournier de Flaix a voulu dire que les pri\·ilcges d'exonération d'impôts trés anciens en France, y ont acquis par là même une respectabilité que les contribuables paunes ne sauraient invoquer, à l'appui de leurs demandes d'allégement. Il faut croire, toutefois, que les droits à l'exonération fiscale ne s'acquiérent pas en Angleterre comme en France, puisque la réforme de sir \Villiam consiste précisément dans l'établissement d'une progression sur les successions. On ne s'explique pas comment le. principe de la progression, accepté, d'aille1,1rs, en Angleterre, depuis de longues années, constitue une opération fiscale licite là-bas, tandis qu'en France elle ~quivaudrait, au dire de l'auteur, « à offrir la tête des riches en holocauste. » Cette distinction illogique dans la légimité de l'impôt progressif, selon qu'il s'agit du gou\·ernement anglais ou du gouvernement français, se
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