REVUE DES ~E\'UES 357 mées, trés succinctement, les obscrYations présentées par l'auteur à l'appui de son projet. M. SolYay part de cette constatation qu'il y a accord entre tous les partisans des réformes sociales, pour proclamer que l'impôt sur les successions est « un moyen de se rapprocher progrcssiYcment <lel'égalité de point de départ », désirable pour les diYers membres de la société. « Personne, dit-il, ne saurait contester, en cfl'et1 que l'impôt unique sur les successions, prélcYant une part plus ou moins étendue de la fortune de chacun, soit plus conforme i la justice que l'inextricable réseau d'cs impôts actuels. » Malheureusement cette forme d'impôt provoq uc la fraude sur une large échdle et le jour où la taxe sur les successions deYiendrait l'unique source du re\·enu public, à quel déficit les finances <l'un État ne seraient-elles pas exposées? « Pour que l'unification fût possible, il faudrait l'introduction de moyens de contrôle plus efficaces, <l'une sorte d'appareil enregistreur, qui permettrait de constater, à chaque instant, avec une exactitude suffisante, le doit et l'ayoir de chacun ». C'est ainsi que M. Soh·ay est amené à examiner le mécanisme des échanges, le rôle <lela monnaie et du crédit modernes, qui den-aient être radicalement transformés, pour que l'établissement de la taxe unique qu'il préconise ne rencontrât pas les obstacles sérieux qui s'opposent aujourd'hui à sa réalisation. L'exposé de M. SolYay comprend donc deux parties distinctes, quoique se rattachant l'une à l'autre dans son projet. Dans la prcmiére, notre auteur n'a pas de peine à montrer les aYantages nombreux qu'offrirait le nouwl impôt. Il exonérerait complètement les reYenus du travail; il n'aurait aucune répercussion sur le salaire; enfin il aboutirait, « logiquement, i restreindre, de pius en plus, la transmission héréditaire des fortunes, source de l'inégalité sociale». Dans la seconde, tout en cotoyant de près, quelquefois, les riYes enchantées, mais dangereuses de l'utopie, M. Solvay s'efforce de déterminer scientifiquement les combinaisons multiples qui permettraient « de sub-stitucr a la monnaie un système de comptabilite institué par l'État. » Cc système, en rendant toute fraude impossible dans l'éYaluation de l'avoir de chacun, assurerait le fonctio1~nement réguiier de la taxe, en même temps qu'il guerirait à jamais la grande plaie économique de la sociéte moderne : le commerce de l'argent et le monopole du crédit. M. Sokay induit très rigoureusement, des phénomcnes de l'échange et de la direction que leur évolution rhèle, la suppression graduelle de la monnaie en tant qu'instrument d'échange. Il est certain, en effet, que cette évolution paraît conduire à l'elimination des métaux precieux employes comme moyen de transport et <le circul;i- '
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