LA REYUE SOCIALISTE Au lieu d'opposer à cette transformation de stériles et Yaincs résistances, les esprits vraiment conservateurs devraient se préoccuper plutôt de faire en sorte qu'elle s'effectue graduellement, et autant que possible sans secousses ... C'est en appliquant les méthodes scientifiques à la solution de ces problèmes, en dégageant, de mieux en mieux, de l'effrayante complexité des phénomènes, les lois du transformisme social, que l'on pourra marcher vers l'égalité, et réaliser progressiYement ce qui doit être le but de tous les projets de réforme : Obtmir au pro.fitde tous le rmde111en1t1111xi111dueml',!nergielm111ai1..1. e On voit que tout se transforme. On sent que les tr:msfonnations sont inéluctables, mais on ne sait pas bien où l'on va et par quels chemins il faut prendre. C'est à la science sociale qu'il appartient, en déterminant la série des transitions nécessaires entre le présent et l'avenir, de discipliner l'idéalisme des uns et de faire disparaître les appréhensions ou les préjugés des autres. Dans un discours au Sénat (24 mai 1894), j'ai fait appel au gouvernement, le conviant à créer un organisme social dans le but de soumettre les questions sociales à un examen méthodique et de rechercher la solution des problèmes - d'après moi fondamentaux - qui sont posés ci-après. En attendant que cette intervention se produise, et le cas échéant, P<?ur y suppléer et apporter une contribution à des recherches qui doivent être l'œuvre commune de tous les hommes de bonne volonté, ,j'ai cru devoir jettr les premiers fondements d'un 111situt des sciencessocialts. Indépendamment des recherches plus générales, s'étendant à l'ensemble de la sociologie, cet institut poursuivra, par l'observation et l'étude des faits, l'examen imp,lrtial et approfondi des conceptions a priori que j'ai cru devoir formuler, en les soumettant au contrôle de la méthode inducti,·e. M. Solny développe ensuite, en effet, dans une étude portant le titre : Co111ptabilismeteproportionnalismes.ocial, les aYantages que présenterait l'unification de tous les impôts actuels, remplacés par une taxe unique sur les successions; la substitution de cette taxe unique aux diYerses formes de contribution existante deYrait, à son sens, entrainer, pour ètre efficace, la suppression de la monnaie, et il expose sommairement les conditions nouvelles de l'échange, sous un régime économique d'où la monnaie serait bannie. C'est bien là, on le YOit, une hypothèse apriorique, une conception d'organisation sociale combinée un peu de toutes pièces, et j'aYoue, malgré la reconnaissance très loyale faite par M. Soh-ay du caractcre hypothétique et subjectif de sa conception, que ce n'est pas sans une grande défiance que j'ai parcouru son traYail. Ces mots nouveaux « comptabilisme », « proportionnalisme » m'effrayaient un tantinet, bien que la collaboration d'esprits aussi positifs' que de Greef, Denis et VandcrYelde. me rassurât, en somme, sur la nature méthodique et rigoureusement scientifique des vérifications auxqticllcs donnerait lieu l' «hypothèse>> de M. Solny. Quoi qu'il en soit, voici, résu-
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