La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

ORIGIKE ET FOXCTIOX~E)IEXT DES COKSEILS DE PRL'D'IIO)DIES 33Ï faire appliquer les prix les plus éleYés en Yigueur, prix légaux génér.1lement payés dans l'industrie; ils demanderont : la libre disposition, pour les ouvriers, des caisses de secours qui existent dans ks etablissements; la suppression totale des amendes comme étant illcgales; les retenues sur le salaire pour des causes di,·erscs : tra,·ail mal confectionné, détérioration d'outils, etc.; la gratuite complète des jugements; la suppression de b prestation de serment; l'obligation pour ks membres effectifs d'établir un roulement afin de permettre aux suppléants de siéger à tour de rôle. Ces réformes sont d'autant plus nécessaires que les rouages des Conseils de prud'hommes, dans les différents pays, sont encan: enclins de l'esprit de routine, de coutume. Il faut que cc systéme démode fasse place à la vraie justice égalitaire, afin surtout de Yoir disparaitre les cas rcYoltants, les abus, les actes scandaleux qui se produisent fréquemment dcyant les Conseils de prud'hommes. [ci, c'est un compagnon à qui on rctîcnt les outils, les effets; un autre, à qui le patron refuse un certificat de sortie, cc qui l'empêche souYCtlt de trouYer du traYail. Là, c'est un industriel qui, par queslicm de pri11cipe, citerait son ounicr devant ks prud'hommes pour une contestation d'une dcmiheurc, soit 1 5 centimes ! Ailleurs, c'est un fabricant qui n'entend payer à son ouwière la bagatelle de_~ fr. 50, pour confection de chemises, que lorsqu'il aura ecoulé sa marchandise. Et n'a\'ons-nous pas Yu, l'autre jour, un bonnète tra,·ailleur rcnYoyé de sa besogne parce qu'il parlait politique en mangeant sa tartine! Un autre, congedié sur le champ, parce qu'il lisait un journal socialiste ! Il ressort donc de ces différentes considérations que si en Suisse, par exemple, les rouages des Conseils de prud'hommes sont ctablis de façon à satisfaire à peu près les besoins de la classe prolctarienne, il n'en est pas ainsi dans les pays voisins. En France et en Belgique, notamment, des communes, des Yilles importantes, des centres industriels, des départements entiers, en un mot, sont priYés d'une institution rendant aux intéressés des scrYiccs appréciables. Le seul recours qu'a donc le traYailleur résidant dans ces contrées dclaissées est d'appeler tout différend deYant le juge de paix. Or, cc dernier est-il bien compétent en la matiere, surtout lorsqu'il s'agit de contestations de salaires, de reglements inhumains, d'amendes arbitraires? Les jugèmcnts qu'il rendra seront-ils bien dictés par sa conscience ? Prcndra-t-il sérieusement en mains la cause du paune ? La balance ne pcnchcra-t-ellc pas du côté du capitaliste ? ous en doutons fort, eu égard aux relations locales, aux visites intimes que se rendent réciproquement ces messieurs lorsqu'ils s'agit de bâcler une affaire au mieux de leurs intérêts. Donc, en tout état de cause, les pam-rcs gens ne peuvent ètrc

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