La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

.. LA REVUE SOCIALISTE jugés aYcc plus de sécurité, d'équité et d'impartialité que ~,ar des mandataires élus par eux, et nous ferons cette remarque qu'ils ont un avantaae immédiat à demander la création de Conseils de prud'bomo mes dans leurs localités respectives ou dans un réseau peu éloigné. Car, si le Conseil a son sicge à plusieurs lieues de la résidence du compagnon appelé à faire nloir ses droits, cc dérangement lui occasionne une perte de temps et d'argent. En outre, comme toute affaire doit d'abord être soumise au Bureau de conciliation aYant d'être examinée par le Conseil, il arriYc, soixante-quinze fois sur cent, que le patron fait défaut. C'est donc, on le comprend, une double course pour l'ounicr et une besogne à recommencer. Au surplus, il est un point primordial qui ne peut échapper au travailleur intelligent, soucieux de son avenir et préoccupé des réformes à accomplir dans l'état actuel de la société, il est donc de son devoir de choisir, lors des élections pour les prud'hommes, des conseillers socialistes, en attendant que les petits patrons suivent leur exemple et s'intéressent aux résultats de ces élections. Plus d'harmonie régnerait ainsi au sei,n de ces Conseils et l'on ne verrait plus se produire des actes d'autorité, d'intimidation, résultat immédiat du prestige patronal, du maître enfin, habitué dans son usine, dans son établissement, à dominer les ounicrs qu'il emploie. L'on ne verrait plus, comme le cas s'est souvent presenté dans certains Conseils, le greffier, qui est parfois - cumul bizarre - un juge de paix ou un aYoué, tenir la main haute, user de son influence sur l'assemblée, et, en quelque sorte, annihiler ainsi toute l'action protectrice des conseillers ouvriers, parfois assez faibles, assez craintifs pour ne pas oser élever la voix et flétrir de pareils procédés. Pour nous résumer, nous estimons que le fonctionnement régulier de ces Conseils n'existera en réalitc que le jour où les réformes que nous prcconisons seront réalisées. Et pour y parvenir, il faut une entente non seulement nationale, mais au-delà des fronticrcs. Il faudrait que dans des assises internationales, convoquées par les socialistes de tous les pays, l'on tombe d'accord pour réclamer des parlements ces amcliorations dans les rouages des Conseils de prud'hommes. A l'œune donc ! Nous rencontrerons peut-être de l'opposition. Cette résistance ne doit pas nous arrêter. Nous comptons que les prud'hommes de tous les pays partageront notre maniére de voir et que, l'heure Ycnuc, ils seront prêts à désigner leurs délégués à ces débats. Aveugle qui en méconnaîtrait les bienfaits; égoïste ou imprudent qui les dedaigncrait ! • EMILE HUBERT. Conseiller prud'homme. \

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