334- LA REVUE SOCIALISTE disposait que, dans chaque canton, il yauraitdcspnul'/Jo111111esassesseurs qui connaîtraient du paiement des salaires et de l'exécution des engagements des gens de travail. Cc qui porta le grand coup, ce fut cette loi bienfaisante du 2 mars 1791 qui abolit toutes les corporations d'arts et métiers, reconnaissant ainsi la nécessité de réprimer les abus, complétée ensuite par la loi de germinal an XI, créant des Chambresco11s11ltatives t punissant d'amendes et même d'emprisonnement ceux qui amenaient la baisse des salaires. Enfin, quelques années plus tard, en 1806, un décret instituait définitivement cette justice expéditive et peu coûteuse. II Voilà, en ce qui concerne l'origine des prud'hommes. Examinons, tour à tour, l'établissement et le fonctionnement de cette utile institution dans quelques pays de l'Europe. La France a elle seule compte I 50 Conseils de prud'hommes. A Paris, il existe quatre conseils comprenant les métaux, les tissus, les produits chimiques et les industries diverses. Plus de 12,000 affaires sont examinées, chaque année, par ces conseils. Le Bureau de conciliation se réunit chaque jour et tout prud'homme siégeant reçoit un jeton de 8 francs. L'Angleterre n'a pas de Conseils de prud'hommes. Dans cc pays, l'on a recours a la juridiction ordinaire; toutefois, l'on nomme des arbitres ayant chaque affaire. En Allemagne, les tribunaux de prud'hommes jugent les contestations entre patrons et ouvriers et certaines contraventions. Ils n'existent qu'en Saxe, en Prusse rhénane et en Alsace-Lorraine. Dans ces deux derniers pays, leur compétence et leur organisation sont régies par les lois françaises. En Saxe, les Conseils de prud'hommes connaissent des difficultés rclatiYcs aux contrats d'apprentissage ou aux conYCntions de traYail jusqu'a concurrence de 60 marcs. Leur composition est assez singulicre; ils comprennent: un fonctionnaire nommé par le ministre de l'intérieur, qui préside, et d'un nombre égal de patrons et d'ouvriers, élus par leurs pairs. La Hollande, elle, ne connaît pas ou plutàt ne posséde pas, jusqu'à cc jour, l'institution des prud'hommes. Dans cc pays, l'on se Yoit forcé d'aYoir recours au juge de paix. . Par contre, certains cantons de la Suisse ont, sur cc terrain, une organisation non seulement complctc, mais nettement démocratique. Ainsi, dans le canton de Genève, les conseils de prud'hommes
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