La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

332 LA REVUE SOCIALISTE représentent une armée de plus d'un demi million de consommateurs) le débit doit diminuer de plus de 50 °/o. Les fabricants le saYent et, sous le pressentiment de leur défaite prochaine, ils accusent les ouniers de ruiner frivolement toute une industrie florissante. Mais c'est aYec raison que ceux-ci peuvent répondre : « Perissc plutàt votre industrie que, sous la pression impitoyable de YOtrepuissance économique, toute une catégorie de travailleurs honorables soit condamnée à mourir de faim.» Et ils pourraient ajouter que le boycottage, cette arme à deux tranchants, souYcnt plus désastreuse dans ses conséquences que la simple grève, n'est pas une inYention à eux. Il y a longtemps que sous des formes diYcrscs le gouvernement, les autorités militaires, les entrepreneurs eux-mêmes l'ont pratiqué contre la classe ouvrière. « Boycottage contre boycottage, écrivait ces jours-ci le Vorwaerls, exprimant bien en ces lignes les sentiments qui animent les travailleurs. Contre le boycottage d'en haut le boycottage <l'en bas. Boycottage social, militaire, économique - bref dans tous les domaines. Boycottage contre nous jusqu'à l'anéantissement! Et c'est alors que nous denions nous croiser les bras sans nous défendre? Oh non, messieurs! Si vous ayez le droit de rcnYoycr ,·os ounicrs, quand ils ne Yculcnt pas être vos esclaves, nous avons le droit, nous, de refuser votre marchandise et de vous priver de notre pratique. » H. TnuRow.

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