LE BOYCOTTAGE DE LA BitRE EX ALLEMAGNE 33 I nime de trente-deux assemblées populaires qui délibér<'.:rcnt i la même heure dans Berlin et ses faubourgs. La résolution qui y fut acceptée a\'CC un cnthousi:ismc extraordinaire était catégorique: « TraYailleurs ! était-il dit, qu'à partir de cette heure ne soit plus consommée une seule goutte de bi<'.:resyndicale, soit dans les usin-..:s ou :\ domicile ou lors de nos excursions et soirées familiercs ! Que tous les endroits, cafés ou établissements publics ou cette boisson est débitée soient rigoureusement d<'.:sertés! Qu'on renonce même i toutes les ft:sti\'ités · usuelles et que celles déj;i annoncées, dL:Y:tnt aYoir lieu <fans un des ctablissemcnts sus-nommés, soient immédiatement contn:m:indéL:s !... » Depuis, bon nombre de réunions publiques se sont succédl'.:cs, plus nombreuses les unes que les :iutres, et toutes animées des mêmes sentiments de solidarité om-rière. L'agitation est deYenuc de jour en jour plus intense et tout fait pré\'oir une Yictoirc prochaine des traYailleurs. Au moment oü nous <'.:criYonsces lignes - le 10 août plus de deux mille restaurateurs se sont Yolontairement soumis au contrôle du comité ouHier, c'est-ù-dirc ont adhcré :\ la cause du traY:iil. Dans l'autre camp, b fanfaronnade commençait à faire pbcc :\ un certain découragement. Tout en niant les effets du boycottage sur la consommation de leurs produits, les membres <lu ~yndicat patronal sont allés implorer leurs collègues de Münich, ten:int égalemènt dans la capitale de l'empire de nombreux dépôts de bière, de se solidariser aYcc eux, c'est-i-dirc de suspendre pendant quelque temps la Ycntc de leur marchandise. ~!ais ccux-H, en bons patriotes baYarois, ne daignèrent pas écouter les pbintes dé leurs confrcres berlinois et s'cfforc<'.:rent,au contraire, de tirer de leur cmb:irras autant de profit que possible. L'appui, par contre, des autorités locales et de la plupart des industriels de la Yillc ne fit p:is défaut aux patrons brasseurs. Dès le premier jour du mou\·ement, des ouYricrs furent arrêtes et condamnés uniquement pour aYoir publiquement excite au boycottage. C'est par douzaines qu'ils furent, par des motifs analogues, rcn,·oyes des usines. La direction du chemin de fer métropolitain alla jusqu'à commander :\ ses employés subalternes de ne boire, sous peine de renYoi, que de la bière boycottée, qualifiée par les ou,Tiers de bo11illonà dividwdes. Nous pourrions citer encore de nombreux exemples de la partialité révoltante des autorités et des entrepreneurs. Cependant, malgré toutes ces mesures vexatoires, l'issue de la lutte n'est plus guère douteuse. Les pertes que subissent journellement les propriétaires de brasserie sont trop considérables, pour que ces derniers résistent encore longtemps. Supposons que les 150,000 ounicrs socialistes seulement prennent part au combat ( avec leurs familles, ils
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