LA BAISSE DU TAUX DE t'IKTÉRÊT ET SES EFFETS 325 rait s'apitoyer sur le sort du capitaliste, qui subirait une diminution de revenu sans compensation aucune. Dans l'état actuel, la diminution de revenu existe bien, mais elle est compensée par l'augmentation du capital. Il suffit, en effet, de Yendre le titre qui a coùté 80 francs pour réaliser un bénéfice net de 20 francs, et on place ensuite, d'une façon plus productive, le capital qui s'est ainsi enflé de lui-même, ou pour mieux dire, qui s'est enflé en absorbant une certaine quantité du travail national. Citons comme exemple les titres de rente émis aprés la guerre de r870, au cours de 83 francs. Quand le gouvernement a offert à ses prêteurs le remboursement a roo francs, il leur faisait un cadeau de r7 francs. Cette prime est donc comme une compensation donnée a l'avance afin d'indemniser le rentier pour le tort que peuYcnt lui causer les co1wersions futures. Malheureusement pour les petits possesseurs de fonds d'État, il est connu de tout le monde que cette prime reste souvent, en rcalité, entre les mains de la haute banque et des gros capitalistes. Concluons donc que la somme des richesses prcleYécs sur le travail national par la luute bourgeoisie et par le capital ancien ne diminue pas en général : Directement ou indirectement ( comme quand il s'agit des fonds d'État), il se produit toujours un phénoméne compensateur, qui est l'augmentation du capital. . L'émancipation ouvriére est donc impossibf e dans cette Yoie. Mais il semble au moins qu'un intérêt plus bas doive fayoriser la petite bourgeoisie, lui donner des armes pour lutter Yictorieusement contre la concentration économique. Il semble aussi que l'argent a bon marché puisse permettre a un certain nombre d'ouniers de s'établir et d'entreprendre soit un petit commerce soit une petite industrie. Remarquons qu'il devient, au contraire, toujours ·plus difficile ù l'ouvrier de s'établir, parce que si bon marché que soit le prix de location d'un capital-argent, il faut aujourd'hui, pour s'établir, des sommes beaucoup plus considérables qu'il y a cent ans. Ici, comme ci-dessus, l'abaissement du taux de l'intcrét n'offre que des avantages apparents, puisque le phénoméne compensateur apparaît a son tour et annihile les effets du premier. La classe qui, en r789, et durant les années suivantes, a usurpé la puissance économique par les achats des biens nationaux, payés, pendant la tourmente révolutionnaire, au prix de quelques poignées d'assignats sans valeur, la classe qui a exproprie à son profit la noblesse et le clergé, et qui n'a jamais fait qu'un simulacre de paiement, la classe qui s'est enrichie au moyen des tripotages et des Yols dans les fournitures aux armées de la Rl'.:volution et de l'Empire (le
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