LES E:-JTERREMENTS GRATUITS E:-J SUISSE 3I9 lui-même, et proposa que tout wterrerne11t se fit à double attelage, afin qu'on ne dit pas en voyant le char à un cheval: « Voila 111t pauvre qui passe/» Le I 3 octobre, la municipalité présentait ses propositions, conformes à celles de la commission. Entre temps, la gratuité, déjà adoptée par le canton de Bâle-Ville en r885 et dans quelques communes ,du canton de Zurich, Yenait d'être géncralisée dans cc dernier par la votation populaire du 29 juin 1890 (entrée en vigueur de la loi, le 1er janvier 1891). Tandis qu'à Bâle les parents pcuycnt fournir le cercueil et acheter une concession, Zurich allait résolument de l'ayant : enterrement uniforme, le même pour tous ( I), gratuit pour tous, l'État et les communes assurant les services suivants : vérification du déccs, avis des fu11érailles, fourniture du cercueil et mise du corps dans le cercueil, transport au cimetière, creusage et comblement de la fosse, numérotage, entretiendesplantes sur la tombe. - L'État de Zurich, s'engageait à contribuer, pour IO francs, aux dépenses de chaque sépulture, la commune du domicile devant supporter le surplus, cya]ué à I 5 francs environ. L'État accordait, en outre, des subsides aux communes, pour l'établissement ou l'agrandissement des cimetières, la construction de morgues, l'acquisition de corbillards. Des subsides extraordinaires étaient prévus, en cas d'épidémie. Ainsi à Zurich les communes se trouvaient fortement épaulées par l'État, tandi~ que Lausanne ne pouYait compter que sur elle-même, l'État de Vaud se désintéressant de la question, pour le moment. Il est juste d'en tenir compte, et de noter cette déclaration de M. le syndic Cuénoud : « Quand l'État partagera les frais avec les communes, uous « trouverons11aturelqu'on orgauisele servicedesi11humatio1s1usr un type « unique ». Déclaration catégorique, et qui a sa Yaleur; mais une grande commune n'a-t-elle pas à remplir, dans le domaine social, une mission d'avant-garde, à donner l'exemple aux autres ? C'est ce que l'ancien conseil communal de Lausanne, après quel- •ques tergiversations, finit par comprendre, sans aller toutefois jusqu'au bout de la réforme. Dans sa séance du I 5 décembre, il prit connaissance d'une pétition de l'Union ouvrière, réclamant que toute personne décédée à Lausanne fût ensevelie gratuitement, avec le même corbillard, dans un cercueilfabriqué sur un modèle unique, et sans que les parents pussent demander, même enpayant, une modification quelconque au systéme suivi pour tous; en un mot, que le principe de l'égalité absolue fût décrété. L'Union ouvrière demandait « l'applicationdes grandsprincipeségalitaires qui doivent être a la base des institutions de tout pays vraiment républicain ». (1) Cependant, Winterthour et, probablement, d'autres localités accordent à la famille les modifications qu'elle desire, à condition qu'elle supporte tous les frais.
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