LA LOI DU PROGRÈS toute dégéné1:cscence est précisément d'entrainer l'extinction des indiYidus qui en sont atteints, il en résulte que ces dcgcné1csccnces et dccadcnccs demeurent indiYiducllcs et que la disparition des indiYidus degéncrés ou des nations décadentes ne fait que laisser la place à d'autres qui sont en progn'.:s. Donc, rassurons-nous, la ciYilisation ne périra pas parce qu'un plus ou moins grand nombre de Sociétés modernes s'ccrouleront faute de fondations suffisamment solides. Sachons simplement comprendre que l'aycn.ir est aux nations qui sauront le mieux s'adapter aux exigences nouYcllcs de la « lutte pour la ,·ic » par une organisation bascc sur la solidarisation des besoins et des intérêts de tous, au lieu d'aYoir uniquement pour but le pou\'Oir et les priYilcgcs d'un parti politique. On a cru trouYc1: une objection irréfutable contre les idées nouYellcs, inspirccs par la critique et la science modernes, en disant qu'elles sont la « mort de l'idéal », la ruine de tout cc que l'humanité aYa_itappris à admirer et à prendre pour modèle ou pour but. On a proclamé que détruire les idoles et les préjugés, combattre les erreurs, c'6tait saper la socictc par ses bases. On montre l'autoritc, la morale, le deYoir disparaissant sous la pousscc des doctrines nouYclles et laissant les consciences désemparées, les Yolontcs ébranlées, les espérances c1wolécs. La réalitc de cette rcYolution dans les esprits et les cœurs ne nous semble pas contestable : clic cclate de toutes parts, elle est uni ,·crscllcmcnt constatcc. Mais qu'est-cc que cela prouYc, sinon l'insuffisance prccisémcnt de ces prctenducs « bases ». de la societe? Si ces dernières s'écroulent au premier choc de leur lutte avec l'esprit scientifique, si elles ne pcuYcnt pas soutenir le contràle du libre examen, c'est qu'elles ne sont pas ou ne sont plus l'expression suffisamment exacte du rapport des choses. Quelle que soit la Yalcur d_es « grands principes », dont a Yécu le régime politique, quelque utile qu'ait étc le ràle des religions, de la morale et de l'autorité, quelle que soit, en un mot, l'idee qu'on se fasse des « causes » de la ciYilisation passee, nous ne dcYons ni ne pouYons en prejuger que les « causes » ou moyens du progrès resteront les mêmes dans l'avenir. Nous n'ayons pas à crier à la décadence, uniquement parce que le prcsent diflere du passé. Tout cc que nous pouvons dire, c'est que, d'apres ce que nous sayons de tout ce qui Yit et c\'olue, les sociétes continueront à s'adapter aux conditions d'existence auxquelles elles se trouveront 5oumises, et cela sous peiné de decadence et de disparition. Par consequent, plus les conditions de la « lutte pour la Yie » seront différentes de ce qu'elles furent dans les temps passés, plus les èhangements sociaux, économiques, intellectuels et moraux devront être considérables. Il ne s'agit donc, encore une fois, ni de nier ce qui a été, ni de prédire ce qui sera, ni de prétendre
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