La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

LA REVL'E SOCIALISTE imposer cc gui dena être, mais seulement de profiter des enseignements du passe pour se diriger dans l'aycnir en cherchant avant tout à rendre de plus en plus possibles et faciles les adaptations et correspondances des besoins et des ressources, cc qui ne nous paraît pas pouvoir être mieux assure que par une organisation sociale reposant sur la fc<lération des indiYi<lus et des collcctiYites, dont l'initiative, sans cesse tenue en evcil par les besoins du moment, tendra naturellement à équilibrer les énergies, à rétablir sans cesse de plus justes correspondances entre les besoins et les ressources, par une solidarisation de plus en plus perfectionnée entre tous les facteurs et elcmcnts d'nnc sociétc. En un mot, le progrés est bien la loi, la condition de vie des socictés, mais cela ne veut pas dire quc toute sociéte progresse neccssaircmcnt, pas plus que la loi de sclection n'implique le devcloppcrncnt intcgral et le perfectionnement de tous les êtres YiYants. Sous cc rapport, encore, il en est des sociétcs comme des individus; chacune subit les conséquences de sa constitution héritée ou acquise. La biologie comparée nous enseigne que les êtres sont d'autant plus aptes à lutter contre les influences nuisibles qu'ils ont une organisation plus pcrfcctionncc. L'obscrYation nous montre que tout per(ectionncmcnt comporte une meilleure adaptation de l'organisme à ses conditions de Yic et a pour consequcncc d'assurer sa surYivancc, en sa qualité de « plus apte >>. Nous sentons et nous constatons que l'intelligence est la source, la condition par excellence de cette adaptation progrcssiYc des hommes aux circonstances. :\'ous savons que, grâce à la loi d'organisation qui en fixe les acquisitions, l'intelligence se déYcloppc et se perfectionne par l'exercice. Si, en effet, l'intelligence a un sens, un ràlc, c'est bien éYidemmcnt d'établir, de pcrceYoir les rapports des choses d'une façon de plus en plus juste, par l'effet de ce que nous appelons notre cducation, notre instruction, notre expérience. Le priYilégc et la Ycritable supcrioritc de l'homme consistent à s'instruire, à profiter de sa propre expérience et de l'expérience de ses semblables. Mais qu'est-cc que profiter de l'expérience, sinon faire une meilleure adaptation de nos moyens aux fins que nous nous proposons? Par consequent, les hommes, guides par leur expérience, tendront a rectifier succcssi\'ement leurs conceptions incomplétes des choses sociales, comme ils le font dans le domaine scientifique; ils s·'appliqucront d'autant plus ;\ coordonner leurs actes et leurs besoins qu'ils acquerront une perception plus nette et plus précise des aYantages et des necessités d'une plus juste et plus cconomiguc rc'.:partition de leurs forces. N'est-il pas profondément suggestif de Yoir toutes les branches de nos connaissances aboutir à nous dcmontrcr l'évolution en tout, et ne serait-il pas etrange de vouloir persister à la nier dans les choses

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