30--1- LA REVUE SOCIALISTE sur le fait que la femme des classes moyenne et supérieure n'a pas su profiter des moyens de s'instruire· mis depuis si longtemps a sa disposition. Constatons d'abord que les savants ne s'accordent pas sur le point de saYoir si la femme, inffrieure a l'homme socialement, lui est ou non constitutionnellement équivalente. Les uns, se basant, comme nous venons de le dire, sur les particularités de son cerYcau (r), attribuent son infériorité manifeste a sa conformation originelle, qui la rendrait pour toujours inapte a l'éducation intellectuelle; d'autres assurent que cette infériorité, ou plutôt cette déchcance, serait la conséquence du constant esclavage dans lequel l'ont tenue les constitutions politiques et ciYiles de toutes les époques et de toutes les nations : d'où ils concluent que son cmancipation et le perfectionnement de ses facultés sont Yirtucllement possibles, si. sa condition sociale peut être modifice; les derniers, enfin, nient que la différence de volume et de poids qui distingue son cerveau de celui de l'homme ait la moindre influence sur son énergie intellectuelle, mais ils distinguent entre les libertes qu'elle est apte a exercer dés a présent, et celles qu'il. serait périlleux de lui accorder sans une éducation· préalable. Traitant le point anatomique et se basant sur le système des cornpènsations, le docteur Büchner a écrit ( 2) : c, Pour dctermincr la valeur intellectuelle d'un cerveau, il faut tenir compte, non seulement de sa grandeur ou. de sa circonférence, mais tout autant, sinon plus, de sa texture intime, de la délicatesse de chacune de ses parties. Il ne répugne donc pas de supposer que, sous cc rapport, le cerveau féminin l'emporte sur le cerveau masculin autant qu'il est primé par lui en volume, et cela s'accorde ayec la finesse, la délicatesse plus grande du corps féminin. )) Craignant, d'ailleurs, qu'on ne conteste cette théorie, en apparence . conjecturale, le docteur Büchner dit encore : « La forme amoindrie, le plus faible développement des muscles chez la femme entraînent une moindre épaisseur des masses nerveuses correspondantes dans les centres nerveux, d'où naturellement une diminution dans _leYolumc total du cerveau féminin, sans que le déYeloppement et l'énergie des régions cérébrales préposées aux fonctions intellectuelles en doivent souffrir. En second lieu, quand même il (1) Le professeur Bischoff, de Munich, a trouvé entre le cerveau de l'homme et celui de la femme une différence moyenne de 10 °/., qui lui semble expliquer l'infériorité intellectuelle de la femme. Or, le plus grand cerveau et le plus lourd fut précisement un cerveau de femme, lequel pesait 2200 grammes, c'est-a-dire 400 grammes de plus que celui de Cuvier. (2) D' Louis Büchner, L'homme selo11la science, traduction de Letourneau, p. 258-9. Paris, Reinwald, 1878.
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