La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

' LA REVUE SOCIALISTE femmes employées dans les houillcres d'Écosse étaient obligées de monter du fond de la mine, par des échelles droites et glissantes, jusqu'à cent kilogrammes pesant de charbon sur leurs épaules (r). Depuis 1883, les Factories a11dWorhshops Acts stipulent que les femmes, comme les enfants de moins de dix-huit ans, ne doivent pas travailler plus de dix heures, comprises entre six ou sept heures du matin et six ou sept heures du soir, avec deux heures pour les repas et un repos toutes les quatre heures et demie. Certaines professions, en outre, leur sont interdites, comme celles des verriers, des mineurs ( 2). La magistrature anglaise tient étroitement la main à l'exécution de ces prescriptions. Depuis le mois de mars 1894, il a été dirigé contre les contrevenants six cent trente-une poursuites qui ont donné lieu à six cent trois condamnations (3). En Autriche, il est interdit de faire traYailler les femmes depuis huit heures du soir jusqu'à cinq heures du matin. -M. Schuler affirme que, depuis la loi de 1864, qui défend d'employer les femmes moins de six semaines après leur accouchement, la mortalité infantile dans la classe ounière du canton de Glaris est tombée de 20 °/ 0 à la moyenne ordinaire de toute la Suisse. Dans le grand-duché de Bade, la durée du travail des· femmes n'est limitée qu'a onze heures; mais elles ont le droit de sortir une demi-heure ayant la cloche pour préparer leur repas, et la veille des dimanches et jours fériés, leur journée se termine à cinq heures et demie. Là aussi les industriels, particulièrement les fabricants de cigares, les bijoutiers, les imprimeurs, ne se font pas scrupule de violer la loi, comme l'atteste le rapport auquel nous avons emprunté déja plusieurs renseignements. En France, où l'on ne protège que dans une étroite mesure le travail masculin, il existe, ou plutôt il existait depuis le 2 novembre 1892, une loi fixant à onze heures pour les femmes, à dix heures pour les filles mineures et les enfants la durée de la journée de travail. Mais cette loi aYait le double défaut d'assigner une durée différente de travail aux personnes d'un même atelier et de ne pas déterminer un minimum de salaire qui garantît les femmes et les enfants contre les effets de la réduction de la journée. Le défaut d'unification empêchait les apprentis et les ouvrières de préparer une quantité suffisante de besogne aux ouuiers adultes, qui travaillent douze, treize et quatorze heures, d'où dcsorganisation non seulement des établissements industriels justiciables du projet nouveau, mais aussi des maisons avec lesquelles ils entretenaient des relations d'affaires; quant à l'absence (1) Le comte de Paris, loc. cil., p. 168. (2) L'bygiime p11bliq11en E11rope, D' Palmberg, Paris, 1891. (3) Bulletin rie l'Office d11travail, loc. cil., août 1894.

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