• LES TRIBUNAUX MILITAIRES E~ SICILE 271 antérieurs a leur proclamation. Le despotisme autrichien donnant des leçons de liberté et de respect des lois à l'Italie de G. ?-.1azziniet de G. Garibaldi, chose en apparence impossible et pourtant naic ! Autre énormité, non des moindres, des procès qui se passèrent devant les tribunaux de guerre: la défense ci,·ilc refusée aux. préYcnus. Les tribunaux de guerre, par une interprétation pharisaïque du Code pénal militaire repoussèrent dans tous les cas ks instances des prévenus pour le libre choix. d'un défenseur parmi les ayocats exerçants. Ils appuyèrent leur décision sur l'article 5-1-..J. dudit Code qui fait cette concession au préYcnu de « pouYoir » choisir son defcnscur parmi les officiers présents jusqu'au grade de capitaine inclusiYcmcnt et pas plus haut. Le conseil de l'ordre des aYocats de Palerme, sur la proposition de l'aYocat \ïllorio Palmiero, protesta énergiquement contre l'inique décision du tribunal. Des comparaisons curieuses et <le mélancoliques rcflcxions viennent à cc propos. Les hcroïqucs défenseurs <leCasa Ajani en 1867, à Rome, quand k pape y gouYernait sous la protection de l'armée impériale française, se Yirent accorder des aYocats ciYils pour la <lcfcnsc. La tyrannie bourbonnienne respecta i ~:iples et en Sicile le droit sacrosaint <le la défense en 1821, en 1831, en 1850, en 1858, en 1860 au proccs de Nicolo Gargilli, au procès Pœrio Scttcmbrini, dans celui des « treize Yictimcs, » toujours! Le gounrncmcnt se dcfcndit publiquement contre les accusations alors portées par Gladstone <l'avoir refusé la défense ciYile aux préYcnus. Alors? alors cc que n'a pas fait le gouYcrncmcnt des Bourbons, si blùmé, le gom·crnernent « libérateur» et « restaurateur ,> de l:i m:iison de SaYoic l'a consommé. Il a des entrailles de père pour les brigands de la Napolitaine; il leur accorde la défense ciYile; il la refuse aux. socialistes de Sicile et de Lunigiana. Sur les monstrueuses conséquences pratiques de cette Yiolation du droit de défense, inutile d'insister. Notons seulement que bien souYcnt le président du tribunal de guerre imposa silence à l'officierdéfenseur et lui ordonna de modérer son langage. L'officier, en hom- •mage a la discipline militaire, devait se soumettre et obcir. Les officiers, appelés comme défenseurs aux différents procès, montrèrent dè très grandes aptitudes oratoires ; ils eurent une attitude au-dessus de tout éloge; ils firent preuve d'une intelligence peu commune et d'un courage non moindre ; ils défendirent les accus6s aYcc tout le zéle possible. Entre tous se distinguèrent le capitaine Piccoli, les lieutenants Truglia, Palizzolo. Qu'ils reçoiYent tous un mot d'éloge et de sincère reconnaissance l Au point de vue des intérêts de caste et du gouvernement italien,
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