La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE a dù Yous apprendre qu'il en· coùtc souvent cher aux gouvernements de se mettre en travers <lesprogrès nécessaires. Yos parents, qui sont pour la plupart des gens bien posés, vous insinueront sans doute qu'au lieu de vous tourmenter de soucis inutiles, mieux vaudrait vous préparer à faire de riches mariages et à conquérir de belles positions. Mais quoi! Les parents ont coutume de dire aux enfants que les choses peuvent fort bien aller comme clics allaient dans leur jeune temps et les enfants ont coutume de n'en rien croire. C'est la loi mème <lu monde. S'il en était autrement, si les fils pensaient et agissaient comme leurs pcrcs, l'humanité serait a jamais immobile, c'est-à-dire morte. Enfin, et c'est peut-être cc qui vous paraitra le plus dur, ceux mêmes à qui vous irez, les prolétaires, les déshérités, YOus accueilleront d'abord aycc défiance. Ils vous traiteront de bourgeois. Ils vous soupçonneront de vouloir les trahir! Que voulez-Yous ? Ils ont été si longtemps opprimés, si fréquemment trompés par la classe dont vous sortez! Il faut leur pardonner et leur prouver par des faits que Yous ètes pour eux des alliés sùrs et résolus. Laissez dire et groupez-vous pour devenir plus conscients et plus maîtres de vos idées et de votre force; anncz-vous, pour la lutte prochaine, de savoir, d'énergie, de patience. Ils vous en faudra beaucoup. Mais vous pouvez bien payer de quelques efforts la haute volupté d'agir et de faire votre devoir d'hommes et de citoyens. GEORGES RE~ARD.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==