La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE ment développer à la fois l'individualité et la solidarité; aller à la liberté par l'égalité économique, et pour cela réaliser progressivement une organisation sociale qui fasse de plus en plus coïncider l'intérêt particulier et l'intérêt genéral. Peu importeront les divergences de détail, quand vous serez orientés avec nous vers la région de l'horizon ou le ciel qui blanchit déjà annonce le lever du soleil. Et vous vous tournerez de ce côté, parce que l'aube de justice, que ne peuvent ou ne veulent pas voir des hommes plus âgés, devenüs aveugles à ces clartés pour avoir trop vécu dans un monde dont le chaw11pour soi est la règle presque unique, parce que, dis-je, cette aube grandissante brille pour des cœurs jeunes et chaleureux, pour des esprits droits et libres, d'un éclat incomparable et d'un attrait irrésistible. * * * Maintenant que de\·ez-Yous faire pour étudier sous toutes ses faces la multiple question sociale? Suivre des cours de sociologie, quand il s'en trouve à votre portée, est une bonne chose; rnais outre que l'enseignement officiel est gêné dans ses allures et souvent suspect d'étroitesse, ce n'est pas assez pour Yous de recevoir en quelque sorte la science à la becquée. Soyez .des étudiants, non plus seulement passifs, mais actifs. Partout la tradition est fortement organisée; églises, écoles, académies la représentent aYcc abondance. Organisez, vous les jeunes, cc que les gouvernements ont toujours négligé de faire, l'innovation. Fondez des Cerclesd'étudespolitiques et sociales. Soyez-y serres et unis plutôt que nombreux. Ne fussiez-vous au début que de tout petits groupes; le profit se mesure à la qualité plus qu'à la quantité des travailleurs. Les grandes associations font plus de bruit et en général moins de besogne. Créez dans chacun de ces Cercles une bibliothèque spéciale et qui ne dépende que de vous. Si les ressources vous manquent pour avoir le nécessaire en fait de livres, de brochures, de revues, de journaux, faites appel à vos amis, à vos maîtres, aux auteurs eux-mêmes, aux hommes connus de tous les partis. Gardez-vous seulement comme du feu de recruter dans un seul camp les guides de votre pensée. Yous pouvez encore demander des conférences à YOSaînés, mais sous les mêmes réserves : que chez Yous toutes les doctrines aient tour à tour la parole. Ne vous laissez devenir un instrument entre les mains de personne. Puis discutez entre vous. Je n'entends pas des discussions solennelles, de bruyants combats oratoires se terminant par un vote et

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