' RE\'UE DES REVUES 245 .REVUE DES REVUES Philosophie et Littérature Dans la REVUEPHILOSOPHIQUE(numéro de juillet),. M. Gabriel Séailles vient de tenter une besogne délicate. Il a rnulu parler sans passion d'un des hommes qui en suscita le plus et, pour cela, l'étudier dans ce qu'il y a de plus intime chez un écriYain, cc qui décèle le inicux sa manière d'êtl·e, de sentir, de comprendre : la forme qu'il donne à ses pensées, l'ordre dans lcq ucl il les présente. Mieux encore que le style, s'il s'agit d'un penseur, la méthode c'est l'homme. Aussi, les fines pages que M. Séailles a consacrées à la Méthode philosophique de Re/1(11/ sont-elles plus précises qu'une analyse de l'œm-rc, en nous donnant une psychologie de l'auteur. Et il y a certes· ün grand charme à Yoir saisie au Yol, fixée et comme disséquée une pensée qui sans cesse semble Youloir se dérober. Certains papillons aux ailes brillantes laissent ainsi aux doigts qui les touchent un peu de poussière d'or. Mais n'y a-t-il pas mieux? Il est intéressant de connaître les influences qu'un philosophe subit; ne l'est-il pas daYantage de saYoir celles qu'il exerça ? Il est curieux d'indiquer quelles causes modificrcnt sa manière de Yoir; n'est-il pas plus précieux de déterminer la tournure d'esprit qu'il communiqua à ceux qui vinrent ap·res lui? M. Séailles nous a montre Renan tourmenté à la fois par le positivisme scientifique dû siècle et par le mysticisme indécis qu'avaient laissé en lui ses habitudes d'enfance. L'intérêt de cette étude est dans les tendances qu'elle précise, les deductions qu'elle permet plus que dans les affirmations qu'elle pose. Le même recueil, dans son numéro de juin, a publié, de M. le Dr Pioger, une étude sur les OrigiJJesel col/(litio11soscialesde la moralité. En quelques pages d'une arg1:1111en'tationserrée, no~re distingue colla-
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