REVUE DES REV~ES 243 la des symptômes significatifs, et M. Fournier de Flaix touche a une question brûlante de demain, quand il entrernit le moment ou il sera nécessaire d'accroitre les effectifs de l'année fédérale, pour tenir tête aux soulèvements ultérieurs possibles comme celui de Chicago. L'Amérique ayant recours a une garde prétorienne, qui aurait la charge de contenir les masses om-ricres exasperées, n'est-ce pas la un signe des temps, bien fait pour donner a réflechir aux plus sceptiques ? Combien plus digne de ses traditions et de son passé se montre la République heh·étique, en poursuiYant la série de ses expérimentations sociales et les tentàtiYes ayant pour but d'améliorer la condition materielle et morale de la clasee ouniére? Au nombre de ces réformes, poursuiYies a,·ec une ténacité louable, il importe de placer celle des alcools, dont l'application, remontant au 20 juillet 1887, commence a porter ses fruits. A partir du 20 juillet 1887, en effet, « l'importation et la fabrication de l'alcool en Suisse pour les particuliers fut interdite et l'importation des spiritueux de qualité supérieure soumise a une taxe de monopole invariable et fixe de 80 francs par quintal métrique, poids brut, en sus du droit d'entrée. » La Réforme Sociale du 1er août, a laquelle nous empruntons ces renseignements, rcsume très bien, en ces quelques mots, le sens général de la loi du 2 3 décembre 1886, qui a institué ie monopole de l'alcool au profit de l'État, aYec une rigueur de sanction et un luxe de précautions inouïes, pour réprimer la fabrication individuelle de l'alcool. Il serait trop long d'énumérer ici ces précautions, dont le détail aurait eu cependant un grand intérêt, a l'heure ou la question du monopole des alcools est a l'ordre du jour du Parlement. Mais ce qui est surtout intéressant a constater, c'est si le fonctionnement de la loi a pu s'effectuer sans troubles ni difficultés, si le régime du monopole a atteint les résultats qu'on en attendait. En 1885 et 1886, les économistes •clamaient de toutes parts que l'établissement du monopole était une utopie. Le Conseil fédéral resta sourd a leurs objurgations et la loi fut élaborée, YOtée et promulguée, nonobstant les anathèmes de l'Economie politique. Les économistes, vexés qu'on eût outrageusement Yiolé leur fameuse loi naturelle, déclarèrent aYec solennité que la loi resterait sans effet, que la fraude annihilerait les résultats attendus du fonctionnement du monopole et que tout ce que gagnerait la Suisse à cette folle expérience serait : d'une part, de développer, sur une vaste cchelle, la fraude, de l'autre, d'obérer les finances publiques. Les initiateurs de la loi poursuivaient, comme nous sommes en
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