LA REVUE SOCIALISTE enquête pour la période 1875-1882 sur la hausse et la baisse des salaires dans les principaux centres manufacturiers.» ; 6° En 1882, l'Office central de statistique de l'Empire dressa une statistique détaillée par professions et par industries. On comprendra tout l'intérêt qui doit s'attacher à ce travail, quand j'aurai dit qu'il coûta deux millions de marcs (2,500,000 francs) et qu'il s'étendait à une population de 18 millions d'ouvriers, sur une population totale Je 45,250,000 âmes; 7° Les bureaux de statistique des États font paraître tous les ans de nombreuses publications, où se trouvent des renseignements détaillés et circonstanciés sur les salaires et les conditions générales du traYail ; 8° Il conYient de consacrer une rubrique spéciale, à cause de l'étendue des indications qu'elles fournissent, aux enquêtes municipales périodiques sur l'état matériel des classes ouni ères, faites par les villes de Berlin et de Breslau ; 9° Enfin, les corporations ouniéres elles - mêmes ont entrepris des traYaux statistiques de longue haleine, précieux par les résultats qu'ils ont donnés. Nous signalerons, d'une part, les Deutscbe Gewerkverei11e, et, d'autre part, celles des Fncbverei11e. Les premières sont des associations sans caractère politique nettement accusé. Elles comptent 65,000 m~mbres, et de r88o à 1887, le docteur Max Hirsch, leur mandataire, fit un relevé des salaires, des journées de travail, établi sur les données qui lui furent fournies par les membres des associations. - Plus considérables encore sont les enquêtes faites par les soins des Fncbve1·ei11e. Ce sont les sociétés ouvrières socialistes. En 1890, clics comptaient 227,000 membres, répartis dans 3, r 50 circonscriptions administratives et 72,000 associés, répartis dans 7 r 2 circonscriptions. Un questionnaire, rédigé dans chaque corporation, a été enYoyé à chacun de ses membres, et c'est sur les réponses fournies qu'ont été dressés les tableaux statistiques ultérieurement publiés. La publication de Bebel est un modèle du genre de ces enquêtes. Bebel avait pris pour champ d'études les boulangers. En 1889, 5,000 questionnaires, contenant chacun 22 questions furent adressés aux ouYriers boulangers; 745, soit 15 °/o, lui reYinrent entièrement remplis. Bebel put de la sorte faire une monographie, d'une précision de détails infinie, de la corporation des boulangers, en l'étudiant dans 669 boulangeries, réparties dans 63 localités. On voit, par cette énumération de sources de toute nature, quelle richesse de documents sur l'ctat de la classe ouvrière possède l'Allemagne. Doit-on en conclure, comme semblerait vouloir le faire croire M. Liégeard, que cet excès dé richesses, auxquelles tout le
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==