La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

REVUE DES REVUES 2 35 Ces remarques, que j'ai eu l'occasion de faire bien des fois, et les fonctionnaires auxquels elles s'adressent ne pourraient en contester la justesse, je les faisais encore tout à l'heure, en parcourant, dans le Journal de la Sociétéde slalislique une critique substantielle, trcs bien documentée, de M. Armand Liégeard, sur la statistique du travail en Allemagne. Dans cette étude, l'auteur reproche d'abord à la statistique allemande la diYcrsité des méthodes et des procédés, aussi nombreux ·que variés, employés de l'autre côté du Rhin, pour recueillir des données positiYes sur la situation des classes ouniércs. Puis, il semble inférer, de cc que l'empire allemand n'a pas encore créé un Office du traYail, l'infériorité de la statistique ouniérc allemande sur la statistique om-riérc française. On ne saurait laisser passer sans les rclcYcr des assertions aussi singuliéres; car clics dénotent chez nos statisticiens officiels une bonne opinion de leurs traYaux professionnels que rien ne justifie. Assurément, à premiére nie, il semble difficile de s'orienter dans la masse de documents disparates que présente, tout d'abord, la statistique allemande. Ainsi, Yoici quelques-unes des sources auxquelles ont doit recourir, quand on Ycut étudier la situation matérielles des classes ouniéres d'outre-Rhin : 1° Les Enquêtes impériales (Rcichs Enquetcn) « exécutées en 1878 sur la culture, la fabrication et le commerce du tabac, sur les industries du fer, du coton et de la laine»; 2° Les rapports des fonctionnaires chargés de l'inspection des fabriques. « Ces rapports, nous dit M. Liégeard, contiennent une masse énorme d'obserYations sur la situation économique et sociale des ouniers. Le personnel de ces inspecteurs ayant été ,rngrnenté et devant l'être encore, il est présumable que les renseignements relatifs au travail ne feront que s'accroître >>; 3° En outre, « le Bureau impérial de statistique publie chaque •année, depuis 188 5, un rapport sur l'assurance ounière contre la maladie, et le serYice d'assurance de l'Empire, depuis 1886, un rapport sur l'assurance contre lès accidents », etc.; 4° Il existe ensuite en Prusse << la statistique des salaires de l'industrie des mines, publiée depuis longtemps dans la revue officielle des mines, fonderies et salines ». On y trouYe, depuis 1874, la moyenne du personnel occupé, les catégories de ce personnel, diYisé en six classes, la moyenne des journées et des salaires par catégories et par hommes, le montant des cotisations Yersées aux syndicats, lès primes Yersées à la caisse contre les maladies, etc., le tout par relevé trimestriel; 5° De son côté, « le ministère du commerce de Prusse a fait une

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