La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

16 LA RE\'UE SOCIALISTE Gardons-nous donc de crier à « la fin du monde », parce que l'empirisme politique ya se trouYcr chassé par la nouYcllc conception expérimentale des choses sociales. N'est-il pas étrange qu'il ait fallu tant de sicclcs de souffrances et de calamités pour arriver à comprendre que l'homme est le foyer, la source par excellence de la Yitalité d'une société et ·que la première de toutes les conditions de viabilite d'une ciYilisation est d'assurer le déYeloppcment intégral et la sélection continue de l'être humain? Nous commençons à peine à cntrcYoir le Yéritable rolc de l'homme dans la \·italité sociale; nous en sommes encore, dans les nations les plus avancées, à ne considérer dans l'homme que le nombre, comme du temps de cc bon Pythagore. Qu'est-ce, en effet, que la pratique actuelle du suffrage uniYcrscl, sinon l'application à la politique du pouYoir mirifique du nombre? Est-cc que nos cellules anatomiques se comptent et se classent en circonscriptions décimales pour collaborer, gouYerncr et YiYificr notre vie? Est-cc gue l'homme est toujours le même? Ne subit-il pas des modifications à l'infini, suiYant les conditions de temps et de lieux oü il éYoluc? N'en résultc-t-il pas des différences énormes dans la Yaleur sociale de l'indiYidu, dans son ràle comme dans la place qu'il occupe dans le grand rouage de la sociéte? Ne constatons-nous pas tous les jours la diYersité et la Yariabilité des mobiles gui le font agir et déterminent sa conduite? Comment donc pouYons-nous nous égarer à abstraire l'homme, le gouYerncmcnt, la societé de tout cc gui les conditionne et de tout cc qui les constitue? Assurer les correspondances et les corrélations entre les indiYidus et les facteurs, entre les besoins et les ressources, YOilà la Yéritablc fonction, la raison d'être du suffrage et le rôle de la représentation qui en découle; mais cela ne peut être réalisé que par l'organisation sociale du suffrage et par la substitution d'une représentation effectiYc des intert:ts à la represcntation des partis comme l'entendent nos politiciens. Nous ayons montré le ràle de l'organisation dans la conception comme dans le mécanisme de la Yie physiologit1ue, aussi bien gue psychique; nous :wons Yu que la Yic sociale tout entière est également conditionnl'.:c, dl'.:tcrminl'.:cpar l'organisation sociale ou socialisation. L'obscryation, dans toutes les branches de la science sociale, accumule les prcm·cs de la justesse et <le la réalitl'.: de cette loi fondamentale de toute socil'.:té. L'histoire nous fait assister à la reproduction des mêmes caractères fondamentaux dans toutes les socil'.:tés à oro-anisation similaire abso- ~ ' Jument comme nows retrouvons, dans la série organique, les manifestations de la Yic spl'.:cifiecs dans chaque cspl'.:cc zoologique,. mais se ramenant toujours à la fonction essentielle de nutrition et offrant

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