LA LOI DU PROGRÈS aaissons sans a,·oir conscience du mécanisme intime de notre organi- o . ~ sation qui nous mcnc, sans nous douter des conscqucnccs de nos faits et gestes. Le développement des êtres Yivants résulte de leur adaptation continue à leurs conditions de Yie; la sélection naturelle entraîne le perfectionnement des espcccs par la surviYancc des plus aptes; l\:Yolution sociale et le progrcs se produisent naturellement par l'effet seul des appropriations continues des choses par l'actiYité humaine. Les correspondances entre les indiYidus, les dépendances et la spccialisation des facteurs se coordonnent et s'organisent de mieux en mieux sous la poussée des besoins et des intérêts. De sorte que le progrcs découle tout naturellement des adaptations de plus en plus adéquates des indiYidus aux circonstances et à leurs besoins, absolument comme notre propre perfectionnement physiologique résulte <l'es adaptations de mieux en mieux assurées entre nos tissus et nos conditions de Yic. Ceci nous permet de comprendre combien est souYcnt illusoire le rôle de « cause efficiente » que nous continuons à prêter plus ou moins implicitcmènt aux lois et aux gouYcrncmcnts. Mais cela nous aménc aussi à saisir la tendance à l'organisation solidarisantc des besoins et des intérêts que présente et que réalise toute évolution sociale, malgré toutes les cntraYcs politiques et gouYcrncmcntalcs ducs à une conception ei-ronée <les choses sociales. Ne l'oublions pas, nous ne pouYons pas plus refaire une société avec une loi que nous ne pouvons refondre une constitution délabrée aYCCune formule. c faisons point de la politique comme certains médecins s'imaginent faire de la médecine parce qu'ils font beaucoup d'ordonnances. De tous côtés nous voyons s'effondrer les fameux principes considérés comme les fondements de toute société : la religion, la morale, l'autorité, la loi, le respect et la discipline, tout s'ébranle et s'écroule sous la poussée incessante du contrôle réfléchi de l'cxpcriencc et des leçons de la réalité. C'est bien à la .fi11d'111111011de que nous assistons, mais ce n'est pas à la fin de l'humanité. Ce qui s'en va, cc sont les théories erronées; ce qui vient, c'est une réaction de la vitalité sociale co11trc les entraves artificielles qu'un empirisme grossier aYait mises de toutes parts. Dominés par des idées fausses, les hommes ont fait pour leur vie collective cc qu'ils ont fait pour leur Yie physiologique; ils ont commencé par vouloir la guider et la soumettre à toutes leurs conceptions délirantes. Mais, de même que la vie physiologique a résisté à toutes les applications médicales les plus extravagantes, ainsi la vie sociale a survécu aux pratiques gouvernementales les plus insensées. Personne ne songe à proclamer que la santé va disparaître de l'humanité parce que les doctrines médicales de l'empirisme font place à la thérapetitique et à l'hygiene, basées sur la science expérimentale.
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