La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

216 LA RE\'l,;E SOCIALISTE dettes! Cet autre, allant terminer à i\!azas, malgré de hautes protections et des démarches n~itt':rées, une carriére brusquement interrompue et méditer dans la solitude d'une cellule sur les Yicissitudes de la fortune et sur l'ingratitude des hommes! Ces politiciens, leurs noms sont mêlés à tous les krachs financiers de ces récentes années, depuis la compagnie auxiliaire des chemins de fer jusqu'au Panama! (Très bim ! très bi('// ! ri l'exlrt!111e-gauchl'.) Et puis, un jour est Yenu oü ce compagnonnage de la politique et de la finance, où ces relations scandaleuses du pou\·oir et de la Bourse ont transpiré, où la presse a mis à nu toutes ces hontes. Ils ont senti passer sur eux le Yent des catastrophes; ils sont à peine remis d'une alarme si chaude, et ils en ont gardé la volonté implacable de faire payer cher à celle qui les leur avait procurées les affres d'angoisses p,tr lesquelles ils étaient passés : celle-là, c'est la liberté de la presse, c'est celle que, dans son immortel pamphlet du Vieux Cordelier, Camille Desmoulins appelait, il y a déjà cent ans : la terreur des fripons! (Applaudisse111wtset acclama/ions prolo11gés â l'exlrè11ll!-gauc/Jet rnr qul'lquesba11cs àgauche.) M. PIERRERICHARD.- Il y en a sur qui a rejailli le sang des suicidés à la suite de toutes ces entreprises financiéres. :vl. M1LLERA~D-. C'est contre elle qu'on vous demande le vote de cette loi, et c'est à ces gens-là, c'est pour satisfaire ces rancunes ina\·ouables que \'Ous, qui ne devez votre fortune et \'Otre situation politique qu'à la liberté, vous qui avez combattu non-seulement les aventures du 2-J. i\!ai et du 16 i\Iai, mais encore celle de r 889, au nom de l'esprit de la liberté, c'est pour cela qu'un goll\·ernemem, qui est composé de jeunes gens pour lesquels la République n'a eu que des sourires et que des fan::urs (V ifs appl11udisse111e11ts à gauche), oublie aujourd'hui que cette République a été faite, fondce, cimentce par les luttes et les souffrances non pas seulement de la poignée de républicains qui sont ici, mais surtout de ces masses laborieuses qui, au dehors, ne vous demandent rien qu'un peu de liberté et un peu de justice. (Xoll'veaux11pplaudisse111mtsur les 111é11b11,'1s11cs.) Faites, si vous l'osez ! Nous ramasserons, nous, le vieux programme républicain et nous irons dire au pays qu'il n'impute pas à crime à la République les défaillances ou les hontes de quelques-uns. Nous lui dirons qu'il reste calme, imp:issible, qu'il conserve son sang-froid devant toutes les provocations, devant toutes les iniquités ; et, la tourmente passée, il reprendra d'un pas plus allcgre et plus ferme sa marche, que vous n'aurez pu interrompre qu'un instant, vers la réalisation de la justice sociale par la liberté politique. (dpplaudissc111c11rtëspàés à l'extr.l111e-gauc/Je. - L'ora/,:ur, de relour ci son bauc, n·çoit Z.:sp1icitalio11sd'u11gr11111d10111bdreeses coWgues.) Dans la deuxieme séance du 21 juillet, l'opposition a remporté un deuxieme petit succ<'.:spar l'adoption de l'amendement Montaut. Il est spécifié dans cet amendement que les militaires sont astreints au deYoir de défendre la constitution républicaine. L'article 2, qui a été Yote dans une séance ultérieure, crée le nouYeau délit de propagande anarchiste : le seul fait d'aYoir, dans une

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