La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

LA DETTE PUBLIQUE 177 croissent indéfiniment, jusqu'au jour où ils Yiennent se fondre dans un emprunt de rente consolidée, pour être aussitôt remplacés par d'autres. L'annuité totale inscrite au budget est, bon an mal an, de 200 millions, qui, au taux moyen de capitalisation de la dette principale, représenteraient une somme d'enYiron 7 milliards. 229 millions, enfin, sont affectés au paiement des pensions de retraite et autres titres de la dette viagère; capitalisés au denier 12 (r), ils forment encore une somme de 4 milliards. On retrouve ici le chiffre indiqué à la première page de cc tranil : Dette perpétuelle et 3 °/ o amortissable. Dette àterme(moinsle 3 °/o amortis.). Dette viagère (pensions) ........... . TOTAL ............ . * * * 28 milliards. 7 4 39 milliards. Si l'État doit 39 milliards, ce n'est pas à dire qu'il les ait reçus de ses créanciers. Pour la dette principale, il n'a encaissé qu·e 19 milliards, d'après les calculs les plus optimistes. Pour la dette à terme, on manque de données certaines, et l'on est obligé de s'en tenir aux renseignements fournis par le budget, sans pouvoir connaître les artifices de comptabilité au moyen desquels le gouvernement s'efforce de dissimuler la véritable situation; mais si le rapport est le même que ci-dessus entre la dette nominale et les sommes versées au Trésor public, le capital de 7 milliards correspond à un effet utile de moins de 5 milliards. Quant aux pensions, c'est un don gratuit, sauf la retenue de 5 °/ 0 opérée sur le traitement des fonctionnaires civils. Au lieu de 35 milliards, d'une part, nous en avons donc 24 au maximum; et, au lieu de 4, une somme insignifiante qu'il est impos- . sible d'évaluer. Autrefois, sous l'ancienne monarchie, l'argent était rare; les emprunts se contractaient à des taux très élevés : au denier 12 (8 1/2 °/o),....:... c'est-à-dire que l'intérêt était la douzième partie du capital; - au·denier 8 (12 1/3 °/o), parfois même à 20, 30 et 40 °/0 • L'intérêt dépendait de la confiance qu'inspirait l'emprunteur, de manière que, dans les temps difficiles, le prêteur pût se rembourser en une courte période, par la seule perception des quartiers de rentes ou arrérages. On sous-entendait toujours la clause de non-remboursement ou • (1) Suivant la méthode indiquée par M. Paul Leroy-Beaulieu, dms la Science' fi11a11cière. 12

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