LA REVUE SOCIALISTE commencé à grever le budget qu'en 1871, alors que l'Empire aYaitdisparu. Pour apprécier la part d'endettement qui incombe à la Republiquc, il faut donc mettre à part les dépenses de _laguerre. Il y eut quatre grandes opérations: l'émission du 23-24 aoùt 1870, l'emprunt Morgan et l'emprunt de 5 milliards, qui comprend deux émissions, 1871 et 1872. Au total, la guerre avec l'Allemagne a coûtl.'.!à la France 8 milliards 500 millions (1), abstraction faite des conséquences ultérieures qui se traduisent chaque année par des centaines de millions de depenses improductives et par des centaines de millions d'impôts. Dés 1875, le budget est de 2,716,521,710 francs, et la proportion des contributions indirectes, dans l'ensemble des impôts, est de 85 °/o, représentés en majeure partie par les droits de consommation et d'autres taxes payc'.:essurtout par les pauvres ; saYoir : Boissons et divers ........... . Douanes et sels .............. . Postes ..................... . I .052.481 .672 271.230.016 I I 9 , 74 I. 707 La gestion financicre de la Rc'.:publique ne commence réellement qu'en 1875, à la conYersion de l'emprunt Morgan, qui créa une nouYelle dette de 2 50 millions contre une recette de 60 millions. En 1886, emprunt de 631 millions. En 1887, emprunt de 428 millions, dissimulé par la conversion du 4 1/2 ancien. En 1891, emprunt de 869 millions. Enfin, à partir de 1878, émission du 3 °/o amortissable, ainsi nommé par antiphrase, puisqu'il n'a jamais etc'.:amorti; la somme totale actuellement émise forme un capital de 4 milliards 829 millions. Toutes ces c'.:missionsont ajouté 8 milliards à la dette laissc'.:e par l'Empire. L'État français est rcdcYable de 28 milliards aux seuls rentiers et leur paye annuellement 874 millions d'arrérages (2). Cc n'est pas tout. Outre la dette consolidée et le 3 °/o amortissable, il existe une autre dette à terme, que les ressources budgétaires ne permettent jamais non plus d'amortir : elle se compose de bons du· Trc'.:sor, d'obligations sexcnnaires, d'annuitc'.:s aux Compagnies de Chemins de fer, des intérêts de la dette flottante, etc.; autant d'engagements que l'État est incapable de rembourser à l'échéance, et qui (r) Par suite d'annulations de rentes, passées en r8ï2 1 la dette viag~re, ce chiffre. doit être ramené :i 8 milliards 88 millions pour la dette constituée, ce qui ne diminue pas d'ailleurs l'accroissement total. (2) Y compris l'annuit~ servie à la Caisse des dépôts et consignations pour la conversion de l'emprunt Morgan, et l'annuité de la Compagnie du Chemin de fer ·de l'Est,- - Yoir ci-après, page 20.
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