La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

LA DETT-EPUBLIQUE. 173 veut dire qu'il contracta de nouyeaux emprunts, dont les arrérages furent· ponctuellement acquittés par le Trésor public; et l'on vit renaître les impôts indirects, qui frappent les pauvres à l'exclusion des riches. Dès· 1804, le budget est de 588 millions, et les impôts indirects de 256 millions, plus de 43 °/ 0 , en augmentation absolue de 108 millions sur le budget de 1800, tandis que les contributions directes, la part des riches, s'accroissaient seulement de 58 millions. En 1812, après tant de campag11es glorieuses, •le budget •est de r ,039 millions_, avec les impôts des pays conquis, et les impôts indirects de 538 millions, 52 °/o• Napoléon n'endetta la France que de 460 millions, au moyen de' l'emprunt, ce qui èst peu ; mais il laissa un déficit d'un milliard et demi. C'est lui qui a inauguré cette ère.financière ou, durant cent ans, les intérêts du peuple seront constamment sacrifiés à ceux de la classe possèdante, oü, de guerre en· guerre, d'emprunt en emprunt, d'impôt en impôt, nous serons amenès à la situation présente : 39 milliards de dette et un budget de 3 milliards 400 millions. La Restauration emprunta 3 milliards 800 millions et en amortit 1,360 millions;· différence : 2 milliards 440 millions, qui exigèrent l'inscription de ·102 millions de nouvelles rentes, ·y compris celle cie· 26 millions remise aux émigrés, en représentation d'un capital de· 866 millions de francs. La dernière année du règne de Charles X, les· recettes sont de 958 millions, diminution seulement apparente pa: rapport au budget de· 1812, qui faisait état des contributions des pays conquis; la proportion des impôts indirects est de 69 °/o, au lieu de 52 o/o. • Le gouvernement de Louis-Philippe contracta pour r milliard 30 millions d'empr.unts et en amortit pour 709 millions. L'accroissement de la rente ne fut que de 1 3 n1illions; mais· :i la fin du règne, l'arriéré, formé de dettes en grande partie exigibles, att'eignait un: milliard. Les impôts de 1847 ·produisirent r, 273 millions, dont 70. 5 °/ o d'impôts indirects, nouvelle majoration de 1 1/2 °/o depuis 1830. On paraissait être arrivé à une limite désormais infranchissable. La richesse· publique, au dire des satisfaits, s'était rapidement développée sous Louis-Philippe, la construction d·es chemins dè fer avait décuplé l'activité commerciale, le crédit public s'était assis d'une manière défini-'• tive, et autres clich~s â l'usage des discour~urs officiels. La vèrité, c'est que le prélèvement· des rentiers se faisait av~c u~e impitoyable régularité, rendu plus lollfd a chaque emprunt et rognant toujours davantage sur la part. des travailleurs. La richesse, toute a la surface, était le monopole d'une mi~orité qui· se resserrait de plus en plus; mais la misère-ét.ait -telle-que -des troupes d'hommes affamés terrorisaient les campagnes en demandant du pain, pillaient les fermes,

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