LA DETTE PUBLIQUE _r 27 pour la guerre, - a peu près les mC:rnes proportions qu'aujourd'hui, - et le trésor public deYait 2 35 millions d'arrcrages. * * * Turgot, a qui fut confié le soin de tirer la monarchie de la situatioh sans issue ou l'a\'aicnt amenée plusieurs siècles de guerres et de dilapidations, comprit que la cause du m:il était l'emprunt. « Point .« d'emprunts, disait-il dans sa lettre a Louis XVI, parce que tout em- <c prunt diminue toujours le rcYcnu libre ; il nécessite au bout de ..<c quelque temps, ou la banqueroute, ou l'augmentation des imposi- « tions. Il ne faut, en temps de paix, se permettre d'emprunter que .« pour liquider des dettes anciennes, ou pour rembourser d'autres « emprunts faits a un denier plus onéreux ... Il n'y a qu'un moyen. <c C'est de réduire la dépense au-dessous de la recette, et assez au-des- ·« sous pour pouYoir économiser chaque année une yingtainc de _mil- « lions, afin de rembourser les dettes anciennes; sans cela, le premier « coup de canon forcerait l'État a la banqueroute. » La banqueroute, comme à \'aYèncmcnt de Henri IV, pouYait être retardée, non évitée; cc n'est pas en remboursant chaque année <c une vingtaine de millions » qu'on pouYait amortir une dette de 2 milliards et demi, avec des budgets qui se soldaient par 40 millions de déficit. Il f;Jllait rc\'cnir a la sage politique de Sully et de Colbert, c'est-à-dire supprimer la rente, dcnonccr les engagements pris sous les régnes précédents, rompre ayec les financiers qui s'étaicn·t abattus sur le pays -pour le dévorer, faire rendre gorge à la bourgeoisie, gui s'était substituée peu à peu à la noblesse et au clergé dans l'exploitation de l'homme par l'homme, plus flpre au gain, plus aY:tre, prenant tout et ne rendant rien. Turgot parut en avoir la compréhension, mais il recula dennt la ·seule solution possible. Ses petites économies furent donc inutiles, et il céda la place a Necker. L'insuffisance des revenus, puis la guerre ·d'Amérique, rendirent bientôt inévitables de nouYeaux emprunts, gui s'échelonnent sans interruption jusqu'à la débâcle finale, malgré les •loteries, malgré les impôts, qui atteignent 900 millions en ·1789, en augmentation· de 500 millions depuis la mort du dernier roi, malgré -la création de 262 rnillions de nouveaux offices, autre forme d'impôts, malgré enfin la réduction des rentes. Le règne de Louis XVI ajouta 1,438 millions à la dette publique, sans que le déficit pùt être comblé. Les États-Généraux se réunirent pour remettre l'ordre dans les finances. Cétait le commencement de la Révolution, qui fut ayant tout une grande liquidation financière. ·Pendant de longs siècles, les .rois de France avaient fait la guerre et arrondi leur d.omaine, sous
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