168 LA REVUE SOCIALISTE -plient en conséquence : sur le bétail, le sucre, le café, les suifs, les chapeaux, etc. En 1708, la dette publique est de 2 milliards; de 2 milliards 118 millions en 1715, malgré quelques remboursements ou .rachats effectués, suiYant la méthode de_ Sully, au-dessous du pair. Colbert traite les financiers avec la même désinvolture que le ministre d'Henri IV; ccil retranche, en 1662 et 1663, plusieurs quartiers de rentes ; il prescrit le remboursement au prix d'achat de toutes celles qui ont été émises depuis Yingt-cinq ans, et ordo1111dee co11duire à la Bastille les rentiers qui té111oig11erol1e1utr 111éco11/ente111ent » (1). Aujour- .d'hui, la République envoie a Mazas les contribuables qui discutent les droits des rentiers (2). Le règne de Louis XV débute par la banqueroute colossale qui suivit l'échec du systérne de Law. Le Peletier, en succédant au célébre financier écossais, fit subir une révision générale a toutes les rentes, pensions et autres creances sur l'État. Les réductions vont jusqu'aux trois cinquilrnes de la valeur nominale. Les intérêts de la dette étaient à ce moment de 100 millions, soit exactement la moitié des recettes du budget. Puis l'émission des emprun.ts recommence pendant la longue période des guerres : 73 millions pour la guerre de succession de Pologne ; 180 millions pour la guerre de la succession d'Autriche; en même temps que les impôts continuent a se dé\·elopper : remaniement de l'impôt sur la vente du tabac, sur l'exportation des blés; renouYellement du droit de 4 sols par line de marchandise, qui deYait être provisoire; institution de la.corYée royale; droit sur les cartes a jouer, sur le port des lettres, sur le beurre, le fromage, les cuirs; en 175 I, nouYelle augmentation de huit sols par livre de marchandise. En 1768, lorsque l'abbé Terray prend la direction des finances, la ·dette publique a de nouyeau dépassé 2 milliards, la rente absorbe I 10 millions et les reYenus sont anticipés jusqu'en 1771. On est obligé, pour payer les plaisirs du roi, de retrancher la moitié des arrérages échus, de disposer de l'argent des tontines, de diminuer le traitement des fonctionnaires, qui trouYent d'ailleurs ample compensation dans leurs rapports ayec les contribuables. A la mort de Louis XV, les recettes s'éleYaient à 375 millions, ayant doublé depuis dix ans, et le prélévement des fermiers était égal ou supérieur. 200 millions représentaient les impôts indirects, soit plus de 53 °/o• Les dépenses étaient de 414 millions, 120 pour la dette, ( 1) La Renteet l' lm pot. (2) 1otons en passant que Louis XIV, en 17ro, frappa tous les revenus de l'impôt du dixième, sans en excepter les rentes ; q'uinze ans auparaYant, il avait établi nn impôt progressif sur le capital, allant de 20 sols à 2,000 livres.
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