La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

8 LA RE\'GE SOCIALISTE rieurs en force et en Yitalité, et qui, toujours plus complet, plus beau, plus riche, s'éleYant de forme en forme, d'organisation en organ'.- sation, se rapproche de plus en plus de son type absol.u sans pouY01r y atteindre. ii (Vachcrot.) . Le déYcloppcment des sociétés apparaît ainsi aYec son Yéritablc caractére organique, et l'éYolution sociale est la résultante de l'adaptation de chaque société à ses conditions d'existence, comme l'éYolution de chaque être YiYant résulte de son accommodation à ses conditions de Yie. Par conséquent, nous pouYons dire que le progrés social consiste toujou1:s dans ce qui a pour conséquence de faciliter b Yic sociale, directement ou indirectement, immédiatement ou médiatcmcnt. Ainsi cnYisagé, le progres ne peut être ni défini, ni renfermé dans une formule. L'idée fondamentale qui semble le mieux correspondre à cc que les peuples entendent par prog.rés est l'idée de ciYilisation, c'cst-ù-dire l'idée de déYcloppcmcnt de la Yie ciYilc (civilis, ri-z,is, citoyen), de la société proprement dite, des relations des hommes entre eux (sociabilité), de l'homme lui-même, de ses facultés, de ses sentiments, de ses idées. « L'histoire nous montre que tous les grands déYeloppcmcnts de l'homme intericur ont tourné au profit de la société, tous les grands déYcloppcmcnts de l'état social au profit de l'humanité. C'est l'un ou l'autre de ces deux faits qui predominc, apparaît aycc éclat et imprime au mouYcmcnt un caractérc particulier. Cc n'est quelquefois qu'aprés de très longs intcn·allcs de temps, après mille transformations, mille obstacles, que le second fait se deYcloppe et Yiclit, en quelque sorte, compléter la ciYilisation que le premier aYait commencée. Mais, quand on y regarde bien, on reconnaît le lien qui les unit. << Depuis longtemps, et dans beaucoup de pays, on se sert du mot ci\·ilisation: on y attache des idées plus ou moins nettes, plus ou moins étendues, mais enfin l'on s'en sert et l'on se comprend. C'est le sens de cc mot, son sens général, humain, populaire, qu'il faut étudier. Il y a presque toujours, dans l'acception usuelle des termes les plus géneraux, plus de Yérités que dans les définitions en apparence plus précises et plus rigoureuses de la science. C'est le bon sens qui donne aux mots leur signification commune, et le bon sens est le genie de l'humanite. La signification commune d'un mot se forme succcssiYernent et en presence des faits; à mesure qu'un fait se présente, qui parait rentrer dans le sens d'un terme connu, on l'y reçoit, pour ainsi dire, naturellement; le sens du terme s'étend, s'élargit, et peu à peu les <liYers faits, les di\·erses idées que, en \·ertu de la nature des choses mêmes, les hommes doi,·cnt rallier sous cc mot, s'y rallient en effet. Lorsque le sens d'un mot, au contraire, est <leterminé p.1r la science, cette détermination, ounagc d'un seul ou <l'~m petit '

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