LA POÉSIE RÉVOLUTION::-JAIRE E:-J ALI.EMAG:-JE est dur est raboteux ! Formez votre phalange en rangs serrés. Plus le flot montera menaçant, plus grand sera notre enthousiasme, plus ferme sera notre résolution de nous consacrer au saint combat. Nous ne comptons pas nos ennemis, etc. Debout, camarades ! resserrons aujourd'hui notre lien à nouveau et prenons bien garde que les semences d'espoir ne manquent pas avant la fête de la moisson. Si le grand semeur qui fut Lassalle n'est plus là, le grain qu'il jeta est tombé dans un sol bien préparé. A nous d'agir hardiment. Que sa parole soit pour nous un legs sacré! Nous ne comptons pas nos ennemis, etc. Jacques Audorf est encore l'auteur d'une autre pièce de circonstance: le Cha.ut des pétroleurs. On donne, en Allemagne, aux socialistesdémocrates le surnom de pétroleurs. Ainsi que firent jadis les gueux néerlandais, Audorf adopta pour son parti cette désignation injurieuse et écrivit la chanson suiYante après un vote du Reicbstag, imposant trés fortement le pétrole. Il ne faut pas oublier que nous avons affaire ici à une pièce ironique et que l'auteur plaisante en feignant de Yoir dans le pétrole le symbole de l'affranchissement politique. Nous avons YU dans la pièce citée plus haut qu' Audorf réprouve la Yiolence, et que ccle libre droit de vote » est à ses yeux l'unique instrument du combat pour la délivrance. Ln. Chanson des pétroleurs se chante sur l'air le plus connu de lrt Fille de Madame A11got. Nous sommes les pétroleurs, tout le monde le sait bien. C'est pourquoi nous tenons le pétrole en honneur. Et puisqu'il brûle si bien et puisqu'il donne une si belle lumière, puisse l'orgeat devenir du pétrole ! Pétrole par-ci, pétrole par-là, pétrole du haut en bas! Laissez-nous puiser à pleins hanaps. Trois fois hourra pour le pétrole ! Le bourgeois fronce le sourcil et trouve que le pétrole sent mauvais. Il grogne derrière son verre et nous traite de « maudite engeance socialiste ». A force de lire les journaux capitalistes, il en de,·ient fou. 11croit que c'est la vérité, ce qu'on lui raconte là-dedans. - Oh ! cher pétrole, brille davantage ! Eclaire mieux la situation ! Pétrole par-ci, pétrole par-là, etc. Dans toutes les villes, le pétrole répand sa clarté. On commence à trouver qu'il devient nécessaire au village ; déjà, malgré tout, la lueur se répand dans les lieux les plus secrets. Chacun en reste muet d'étonnement. Pétrole par-ci, pétrole par-là, etc., etc..... On raèonte que les premiers missionnaires chétiens qui vinrent évangéliser les Gaules et la Germanie usèrent d'un ingénieux stratagème pour faciliter la conversion des barbares. Sur l'air des hymnes païens, ils adaptèrent des paroles chétiennes que les adorateurs des faux dieux apprirent sans-trop se faire prier. Les poètes révolutionnaires allemands ont usé d'un semblable subterfuge: sur la mélodie du Choral de Luther, ils chantent· des strophes ardentes prêchant la paix universelle et, sur l'air de la Sentinelle rtu Rhin, véritable péan de l'Allemagne militaire, ils ont écrit des paroles internationalistes.
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