L'EYOWTION DES CROYANCES ET DES DOCTRINES POLITIQUES I 39 mentaires à la base et cette tendance naturelle Yers la différenciation au sommet sont, comme nous le Yerrons dans la suite et notamment à l'occasion de civilisations encore plus complcxes;issues de la conquête, et dont la structure fut nécessairement autoritaire, des facteurs fayorables a la transformation de ces gouvernements despotiques en sociétés démocratiques aYec gouYernement représentatif plus ou moins organisé et direct. La structure directrice de l'ancien Pérou, au point de vue religieux, était en corrélation avec ses formes politiques proprement dites ; c'était aussi une vaste centralisation, mais oü les divinités et les cultes des groupes familiaux et locaux n'avaient pas été supprimés mais simplement subordonnés. Les Huacas étaient restés les diYinités du Yillage entier de la primitive communauté; les Canopas étaient toujours les dieux des familles; pour ceux-ci, comme chez les Aryens de l'Inde et ailleurs, le chef de famille continuait à exercer le culte, à faire les priéres, à offrir les sacrifices; pour les dieux du village, il existait <léjà des prètres distincts, la fonction sociale était différenciée. Dans chaque circonscription proYinciale, le prêtre principal était un membre de la famille conquérante des Incas et il veillait à ce que les sacrifices et les cércmonies se fissent suivant les rites de la rnctropole. Dans le grand temple de Cuzco, les Incas plaçaient les dieux de toutes les pro,·inces conquises; chaque idole y avait son autel particulier, auquel les gens de pro, 1ince offraient des sacrifices coûteux. Les Incas s'assuraient la fidelité des provinces en gardant leurs dieux en otages, de même qu'ils gardaient les fils des anciennes familles princiéres déchues. En principe du reste le polythéisme n'est pas intolérant ni exclusif; il subordonne seulement les divinités locales, dont il ne conteste pas la valeur relative aux diYinités et surtout à la principale divinité du groupe conquérant; ainsi se forme insensiblement une hiérarchie de dieux - qui, aYec le temps, aboutit à un monothéisme plus ou moins effectif, qui lui-même, dans la suite, dégénére en abstraction et en entité métaphysiques. Ainsi les panthéons des grands empires se coordonnent dans des centres religieux régulateurs et preparent l'avénement d'une morale purement humaine et scientifique. Outre la confession, le jeûne, la priére, les sacrifices, la religion du Pérou comportait du reste des institutions analogues à celles que nous rencontrons partout dans les mêmes conditions. Des centaines de couvents étaient peuplés de milliers de femmes de la famille des Incas, toutes condamnées ou volontairement vouées à la claustration et à la chasteté ; elles composaient les harems du dieu Soleil et entretenaient le feu sacré, comme les Vestales romaines. Parmi elles, on choisissait la Grande-Prêtresse, principale épouse du Soleil; c'était la ·sœur ou une fille de l'inca; comme les prêtresses de Rome, elles
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