LA REVUE SOCIALISTE la confession aussi était en usage au Pérou; les crimes et les délits étaient considérés comme des atteintes à la religion. Les péchés ordinaires étaient: le meurtre en temps de paix, le vol, le rapt d'une femme, l'usage d'herbes ou de charmes pour nuire à autrui; le plus grand péché était de négliger le culte des dieux huacas, d'outrager l'Inca ou de lui désobéir. De temps en temps on se retirait dans la solitude pour jeûner. On adressait des pricrcs aux dieux et on ne leur sacrifiait que des animaux sans tache et sans souillure. L'éducation de l'héritier du trône faisait l'objet d'une séYérité particulière. Son initiation, que nous appellerions aujourd'hui sa majorité, était fixée à seize ans. S'il n'a,·ait pas atteint cet âge à la mort de son père, il était assisté d'un conseil. Le dcuxicme degré de la noblesse se composait des Curacas. C'étaient les chefs ou descendants des anciens chefs des tribus soumises; !'Inca les conservait dans leurs fonctions, se contentant de les subordonner à son autorité centrale et d'en faire ses représentants. SuiYant une pratique politique que nous rencontrerons à Rome et ailleurs, leurs fils étaient élcYcs dans la capitale, où eux-mêmes étaient obligés de venir de temps à autre, comme les rois de France, jusque dans les derniers temps, l'exigeaient aussi de leur noblesse. Cette jeunesse aristocratique de deuxième classe participait seule à l'enseignement public supérieur; c'était du reste le seul enseignement organisé. Il comprenait l'enseignement du rituel religieux, celui des usages militaires, de l'histoire et de la chronologie, des lois et des principes de gouvernement. Sa mission et son objet étaient donc essentiellement autoritaires. Il n'y avait pas d'instruction populaire; chacun, dans le peuple, apprenait le mctier de ses pércs; les professions étaient héréditaires. La persistance et la conservation des· formes sociales étaient ainsi la caractéristique de l'empire péruvien. De même qu'il n'était pas permis de changer de condition, il ctait interdit de déplacer sa résidence. Le peuple ctait sujet dans le sens le plus étroit du mot. Il ne participait en rien à la direction de la sociétc, ne servant qu'a son alimentation genérale. Tous les emplois civils, militaires, religieux, étaient le monopole exclusif de !'Inca et de la famille royale. Cette fixité autoritaire du type social permettait sa coordination harmonique d'une façon extraordinaire, mais suivant une symétrie rigide dont les linéaments se rencontrent à quelques points de vue dans plusieurs de nos civilisations _européennes, telle que la France, issues d'un régime en partie analogue. Au Pérou, toutes les divisions administratives ctaient absolument symetriqucs et tirées au cordeau. La capitale, Cuzco, était divisée en quatre circonscriptions orientées
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