L't\'01.lJTION DES CROYA'.':CES ET DES DOCTRINES POLITIQUES 133 cinq lieux de Cuzco, dans le temple de Tampico; là, elles ctaicnt enterrées a,-cc la vaisselle, les bijoux et quelques concubines et serviteurs pour l'usage du prince dans sa nouYcllc demeure. Le corps même de !'Inca était embaumé et rcvC:tu d'un costume splendide; il restait dés lors assis sur une chaise d'or dans le grand temple du Soleil, à Cuzco, à coté de ses ancC:trcs royaux hommes et femmes, les uns à droite, les autres à gauche. Sous cc rapport, les croyances et les pratiques du Pérou ont les ressemblances les plus frappantes, à tous les points de nie, aYcc les ciYilisations analogues de toutes les parties du monde. • Les résidences de l'Inca décédé étaient fermées aYcc tout leur contenu ; c'était là une continuation d'habitudes idcntiq ucs conscrYées traditionnellement aprcs même les états plus grossiers de civilisation qui les expliquent. D'abord la maison mC:me du sauvage aYcc tout son contenu lui sert de tombeau, puis on lui donne un tombeau dans la maison et finalement hors de la maison. Cependant les formes les plus anciennes se conservent précisément le plus longtcm ps dans les fonctions sociales en qui se résument k commandement et l'autorité; ceuxci ont toujours une tendance :\.être Yicux, c'cst-l-dirc en arrièn.: dcs 1 conditions nouYcllcs de la société. L'éducation et l'instruction étaient restreintes à la caste noble; cc n'est que dans des civilisations plus aYancées que cette organisation étroite s'élargit dans le sens que le priYilégc des hautes classes, surtout théocratiques, ne consiste plus que dans le monopole de la transmission de l'enseignement; quant à l'uniYcrsalisation. d'un enseignement intégral, clic reste encore:\. réaliser et ne pourra C:trcatteinte que par une amélioration progressive des conditions économiques de la société. Le point de départ de l'édu·cation était un système très rigoureux d'initiations succcssiYcs et d'éprcuYcs.dont nous trouYons les rudiments chez les sauyagcs en général et notamment, en Amérique, chez les Peaux-Rouges. Cette pédagogie comprenait des exercices physiques, des jeûnes prolongés, des coups; les faibles étaient notés d'infamie et climinés. Le fait que ces pratiques ont perduré pendant des siéclcs et persistent encore sous les même formes, plus ou moins atténuées seulement, prouve combien elles sont naturelles et in correspondance ayec les milieux où se développe l'espèce humaine. Les prières, les jeûnes, les sacrifices, tout ce qui peut en un mot habituer de bonne heure a la soumission et à la souffrance faisaient du reste partie de l'éducation et de la discipline religieuses et politiques, comme dans toutes les sociétés à formes despotiques. D'après Acosta ( I), (1) Historia 11atural y moral de las Indias, liv. v, chap. xxv. .
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