132 LA REVUE SOCIALISTE puissants. Une certaine confusion, du reste, régnait au Pcrou dans la doctrine mème, comme il en existe dans toutes les croyances superstitieuses. D'aprcs Molina, )'Inca Yupanqui admettait que le Soleil n'est pas le Créateur, mais qu'il deYaity a\'oir « quelqu'un qui le dirigeât >1; cet Inca faisait élcYcr des temples à cc directeur, à ce roi du Soleil. Ces idées se rctrouYcnt dans toutes les ciYilisations; nous la retrouvons à l'état de dégénérescence en France, alors que Louis XIY s'intitule le Roi-Soleil. L'Inca aYait une femme principale, sa sœur, dont le fils ainé était son successeur. L'hcrcdité en ligne paternelle était ainsi assurée en même temps que l'hércdité en ligne maternelle, cc qui implique un état de civilisation aYancé au point de vue politique. Cette forme successorale n'était en vigueur que pour la dynastie; quant au reste de la nation, l'hérédité continuait a avoir lieu en ligne collatcrale, suiYant les coutumes des communautés plus anciennes. Il y avait un nombre considérable de concubines et d'enfants royaux. Ceux-ci formaient la caste aristocratique au premier degré, preuve que la centralisation politique était parfaite depuis longtemps par la subordination des chefs locaux. L'année était généralement commandée par !'Inca en personne, mais, comme il arriYc nécessairement dans les grands empires, ou l'action directe du souverain ne suffit pas à toutes les nécessités, les pouvoirs militaires étaient parfois délégués par le prince à un chef de sang royal. La monarchie de l'ancien Pérou était donc une monarchie absolutiste et héréditaire fortement centralisée. Elle avait depuis longtemps dépassé les formes politiques en usage, par exemple, chez les Guaranis, ou le commandement passait, il est Hai, du pcrc au fils, mais ou le chef de guerre continuait à ètrc élu, ou dans l'ancien Nicaragua, oü le chef de guerre était aussi élu par les guerriers, le chef civil étant seul héréditaire et accompagnant seulement parfois l'armée. Le fils du dieu Soleil était aussi le chef d'un véritable gom·crncmcnt thfocratiquc. i\lèmc les plus proches de sa famille ne pouYaicnt pai·aitre devant lui, si cc n'est pieds nus et les épaules chargées d'un léger fardeau, représentation matérielle d'une soumission dont les courbettes des courtisans sont une forme trés peu atténuée. Il est dcfrndu de le fixer, son éclat 6tant considéré comme aussi aveuglant que celui du Soleil, dont il était descendu. Dans les c6rémonies, il était, comme nos papes, porté dans un fauteuil d'or massif. Toucher sa personne était un sacrilégc, sauf de la part de ceux de son sang. Certains incas, comme les empereurs romains, étaient divinises de leur viYant, tous apres leur mort. Quand l'un d'eux « 'était rappelé .dans les dcmeur.cs du Solc_il, son perc.», ses entrailles étaient portccs a
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