La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

130 LA REVUE SOCIAUSTE régulières que ne peuYent détruire des oscillations accessoires et superficielles. Ainsi l'unité de la sociologie, comme science, repose sur l'inébranlable unité de son domaine: l'unité du milieu physique en rapport avec l'unité de l'espéce humaine. Le Pérou formait certainement, dés le douziéme siécle de notre ère, un grand empire absolutiste qui, par des confédérations et des conquêtes successives, avait passé par les sta_dessuccessifs, au point de vue politique de la structure, des hordes errantes sans direction organisée, telles qu'il en existe encore dans l'Amérique méridionale, à des groupements sous la direction plus ou moins fixe de chefs milita.ires et de sorciers, à l'organisation de clans avec des chefs héréditaires, puis à celle de tribus d'abord plus ou moins communistes et finalement monarchiques, lesquelles finalement s'étaient développées en monarchies barbares englobant un certain nombre de tribus pour aboutir à la constitution d'un grand empire. Celui-ci, au moni.ent où, en 1526, il vint en contact avec Pizzaro et ses compagnons d'aventures, s'ctendait le long de l'Océan Pacifique du 2° de latitude Nord jusqu'au 37° de latitude Sud, englobant ainsi tous les territoires et les populations actuellement compris par les républiques du Pérou, de l'Équateur, de la BoliYie et du Chili. La tribu des Incas avait été le centre de coordination de ce nste empire, dont le processus de croissance avait été le même que celui des tribus militaires que nous voyons se développer aux origines de la puissance romaine. Ils avaient successivement soumis à leur domination les Quichuas, qui occupaient les parties montagneuses, les Aymaras, qui s'étendaient aux bords du lac Titicaca, et les Yungas, qui peuplaient le littoral. Eux-mêmes avaient à Cuzco leur centre politique et religieux; c'était leur ville sainte, la cité du Soleil, le dieu ancestral des fondateurs de l'Empire. Ces tribus conquises avaient, longtemps avant leur propre soumission, ainsi que beaucoup d'autres, peut-être originaires de l'Asie, successivement ennhi l'Amérique, du Nord au Sud, et sans doute elles s'y étaient établies à côté ou au-dessus de populations plus anciennes autochtones ou arrivées par des voies différentes, peut-être même, au Sud, par des immigrations maritimes. A l'arrivée des Espagnols, le Pérou et le Mexique, surtout ce dernier, 'formaient des ci--vilisations très avancces comme masse et complexité d'organisation. A ce premier contact d'empires également absolutistes, naguère ignores entre eux, l'étonnement des Espagnols semble avoir été cnorme. Il nous paraît lui-même, au contraire, aujourd'hui étonnant si nous obserYons les affinités remarquables de l'empire despotique de Charles-Quint, et de son successeur, notamment, avec celui de Montezuma,

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