La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

n8 LA REVUE SOCIALISTE la condition qu'ils ne travailleraient plus que quatre ou cinq jours par semaine. Dans le premier cas, les ouvriers conscn·és ne supporteraient aucune baisse de salaires; dans le second cas, tous subiraient une diminution proportionnelle de salaires, mais ils auraient le bonheur de conserYer à leurs foyers trois cents vieux compagnons de labeur. AYec l'une ou l'autre solution, la Compagnie n'a rien à perdre; et cependant elle préfère se montrer ingrate c1wers ceux auxquels elle doit les diYidendes de ses actionnaires, et clic persiste à YOUloir faire une coupe sombre dç trois cents mineurs, à choisir parmi les élus et les syndiques, qui ont fait appel à Baudin et à toute la deputation socialiste. Pareille attitude se passe de commentaires indignes. Elle se juge d'elle-même, ainsi que le refus d'intcrYcntion du gouYernemq1t. Il faut que l'opinion publique finisse par aYoir raison de semblables iniquites. ANGLETERRE Le parti radical. - Le Congres du parti radical a adopte, entre autres, une résolution affirmant le principe de l' « État, patron_ modéle » et inYitant le gouYcrnement à legiferer pour diminuer les heures de travail manuel, pour crecr des pensions de retraite, pour augmenter la responsabilite patronale dans les accidents de traYail. L' « I11depe1ule11Ltabour Parly». - Le Parti ounicr indépendant, ébauché en 1887 au Congrès de Swansea, prit un peu de consistance en 1889, lors de la grève des docks, et fut définitiYement constitué au Congres de Glasgow en 1892, année où il remporta deux succès électoraux a\·ec Keir Hardie et John Burns. - Depuis,, et notamment après la conference de Bradford, en 1893, le Parti ounier indépendant (independant surtout des partis bourgeois, libéraux et radicaux) prit une telle extension que Keir Hardie a pu écrire ce qui suit dans la New Review : • Les politiciens regardent d'un maU\·ais oeil le développement del' ccIndependent Labour Party ». Le Libéralisme croit, et il n'admet pas le doute sur cc point, qu'il représente le peuple en entier, dans sc-s besoins et dans son idéal. li ne peut pas cependant exiger que les ouniers acceptent cette affirmation sur parole et en toute confiance. Nous vivons dans un siècle de scepticisme et nous voulons, pour former nos convictions, des faits et non des mots; le présent est ce qui est et non ce qui a été. La naissance et le développement du parti ouvrier indépendant étaient inévitables. Tant que la population des vilks et des campagnes a été écartée de la vie politique, la lutte a dû s'engager naturellement poùr le droit de suffrage. « Donnez-nous le droit de vote, disaient les radicaux du premier

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