/ LA QUESTION SOCIALE DE\"A~T LES CORPS ÈLL'S 97 attitude de la part ti'un cabinet Ycnu au monde pour faire respecter la liberté syndicale. Heureusement, la commission aYait de meilleures intentions que le paternel M. Dupuy; M. André Lebon, rapporteur, a crùment montre que l'adoption de l'amendement Guillemin mettrait à la merci des patrons toutes les associations syndicales. La Chambre, un peu honteuse, n'a pas ost.':maintenir son premier YOte et clic a accepté le texte de la commission ainsi conçu : « Toutefois ceux gui n'auront· quitté « la profession que pour des causes indépendantes de leur Yolontt.': « pourront continuer à faire partie du syndicat. >> Malheureusement, on a également Yott.':le retrait de la déclaration d'urgence, de sorte que cette malheureuse loi, un peu amclioréc, subira, ayant de passer au Senat, l'épreuYe périlleuse d'une deuxiéme délibération. La scance la plus intt.':rcssante peut-être de ce mois a été celle du 2 r juin, consacrcc a l'interpellation Thierry-Cazes et Jaurès sur l'attitude du ministre de l'Instruction publique à l'cgard des membres de l'enseignement public. Nous ne pouYons n'.:sumer les deux remarquables discours de Jaures : il faut les lire. L'éminent esprit, dont notre parti est si fier à juste titre, s'est élcYé à une hauteur de pcnscc qui n'est point comniune au milieu de la cohue parlementaire. Les centres ont interrompu aYec fureur. Plaignons-les: lvfargarilnsn11t.e.. .. Ventre trop bien repu n'a pas d'oreilles (?) Beaucoup de nos amis ont lu le premier discours de Jaures dans notre Yailbntc Petite RépubliqueFra11çaise; mais la harangue du soir, celle qui a été hachée par les interruptions d'une Chambre aprcs diner, mérite l'attention des hommes qui aiment les idées larges cxprimccs dans une belle forme. Jaures a bien montre que la prfoccupation du problcmc social est pour la jeunesse etudiantc la plus humaine et la plus noble pensée, qu'il est insensé de Youloir désintéresser les jeunes intelligences de cette question primordiale, que l'art, la poésie, la philosophie, à notre époque comme à toutes les époques, plongent dans le milieu social pour se nourrir de ses rêYes, de ses passions et •ses besoins. Cette étude est la seule Yirilc, la seule gui puisse faire des citoyens. Si on les sc\Te de la réalité vivante, ils deviendront la proie du mysticisme. flottant et dissoh·ant de M. de Vogüé ou du scepticisme cgoïste gui annihile les foergics. C'était trop beau pour la Chambre ; clic n'a pas compris. Mais on peut affirmer que cc discours a produit une profonde impression sur le corps si digne et si sympathique des instituteurs. La moitie d'entre eux peut-être appartenait d_éjà à l'opinion socialiste. Je ne sais pas si Jaurès n'a pas, dans cette circonstance, joué un coup de maître 7
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