LA REVUE SOCIALISTE La conclusion de tout ce débat, c'est qu'il est bien difficile de défendre la santé publique contre les falsifications croissantes des denrées alimentaires et des boissons et que, par suite, la substitution du commerce social ou collectif au commerce individuel serait le seul remede efficace. La Chambre a dû discuter, clans les séances du 12 et r4 juin, les propositions relatives à la modification de la loi sur les syndicats professionnels. M. Marcel Scmbat a prononcé un excellent discours pour défendre son amendement, qui tendait à autoriser les associations professionnelles entre personnes exercant ou ayant exercé la même profession ou des métiers similaires. On comprend toute l'importance de ces mots: Ayant exercé, car les syndicats sont généralement détruits par le renvoi des administratcui·s ou organisateurs : Les hommes intelligents et actifs sont exclus par les patrons, ils n'ont plus dés lors le droit de rester syndiqués, sont obligés d'abandonner les associations qu'ils , dirigent. Le projet Sembat, trés large et trés démocratique, a été repoussé. Ensuite est venu en discussion le texte de la commission, qui était encore raisonnable : << Pourront continuer à faire partie d'un « syndicat professionnel les pc;sonnes qui auront abandonné l'exer- « cice de la profession et pourront y entrer celles qui, ayant exercé 1~ « profession pendant deux années au moins ne l'auront pas quittée « depuis plus de dix ans. » Ce texte, acceptable en somme, aurait été voté sans l'inénarrable intervention de M. Guillemin, député <luNord, proposant d'ajouter aux mots : Pourront continuer à faire partie d'un syndicat professionnel, les personnnes qui auront abandonné l'exercice de la profession « les mots : pourvu qu'elles u' exercent pas une autre profession». - M. Guillemin a probablement voulu se venger sur les ouniers de ce que, aux derniéres élections, il a été serré de trés prés par le socialiste Roussel ; car son amendement est un de ces chefs-cl'œuvre d'hypocrisie comme les Chambres bourgeoises en enfantent souvent. L'ouvrier, chassé de l'usine ou de la mine parce qu'il est administrateur de syndicat, ne possède généralement point de rentes; il cherche un travail quelconqne, et perd du même coup la qualité de syndiqué et d'administrateur de son syndicat. - On ne pouvait plus complètement réaliser les désirs de la haute bourgeoisie industrielle. C'est alors que le prcsident du Conseil, M. Dupuy, a démasqué sa belle âme; il a approuvé, au nom du gouvernement, le discours et les idées <le M. Guillemin : Cela se passait le 14 juin, dix jours après la fameuse déclaration de M. Dupuy au sujet des syndicats. Je sais bien qu'il n'y a point, dans les termes, de contradiction formelle et que les déclarations, dans les deux cas, ont été faites avec une suffisante habileté; mais il n'en est pas moins vrai que c'est là une étrange
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