LA QUESTION SOCIALE DEVANT LES CORPS ÉLUS 93 LA QUESTION SOCIALE , DEVANT LES CORPS ELUS La Chambre des Députés a été bien sage pendant le mois de juin; elle n'a cassé aucun de ces jouets fragiles que l'on appelle des ministres. Et cependant des sujets de discussion nombreux, importants et difficiles ont été traités, 'qui auraient pu donner lieu à un de ces accidents auqucls la_machine parlementaire est sujette - tous les six mois environ. Le ministére Dupuy a été très intéressant à observer; il a débuté avec un petit air démocratique. M. Dupuy semblait être dcYenu l'ami et le pérc des syndicats ouvriers. Puis, peu à peu, ces sentiments se sont affaiblis. Une délégation du Sénat fut envoyée au président du Conseil, lequel répondit de façon i satisfaire les sénateurs - c'est tout dire. Pendant cc temps, le sy11dicalis111e d l'honorable ministre continuait à déteindre, comme certains draps de mam·aise qualité, jusqu'au moment oü, au grand jour, jour cru et éclatant de l'amendement Guillemin dont nous parlei'ons plus loin, la redingote démocratique et ouvrière du premier Ministre parut si râpée et de ton si lavé, si fané qu'elle en était devenue méconnaissable. Le drap ministériel est mauYais teint au moins autant que le républicanisme du ministère. Le voilà en fonctions depuïs un mois, et tout en ménageant, par d'habiles concessions en paroles, la susceptibilité et les pudeurs démocratiques d'une Chambre qui tourne mal, il a réussi à franchir, dans ce court espace de temps, la distance qui semblait, au début, le séparer du défunt ministcrc Casimir-Perier. Nous retrouvons donc la même politique sous d'autres noms, tant il est nai qu'on obéit toujours et sans le vouloir à certaines tendances et à certains courants généraux. Aujourd'hui, et cela se dessine nettement aux yeux de ceux qui veulent voir, il n'existe plus et n'existera plus de politique vraiment républi-
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