LES TRAVAILLEURS DES CHEMINS DE FER tion dont il nous reste à présenter l'historique, très intéressant à plus d'un point de vue. En 1881. un employé de chemin de fer, M. Burger, créait une association fraternelle qui avait pour but a;)parcnt d'assurer des retraites à ses membres. et pour but véritable d'acquérir des actions de chemins de fer qui donnassent accès dans les assemblées générales. peut-être mème jusque dans les Conseils d'administration. En principe, était-ce réalisable? Pourquoi pas, puisque la F/'lltl'l'llf'lll' compte aujourd'hui 70.000 membres et 12 militons en caisse? On voit, dans tous les cas. que les travailleurs, loin de dédaigner. comm-! on leur en fait souvent le reproche, les solutions pratiques. ne manquent p::ts une occasion de les poursuivre, et le font a,·ec un savoirfairc, une const?.nce et un esprit de suite fort remarqua6tes. C'est seulement après avoir échoué, grâce le plus souvent - nous en ayons ici un exemple - à l'opposition et aux menées patronales, quïls recourent à l'agitation et se bissent envahir par l'esprit de révolution. Les Compagnies, Yoyant le succès de la Frolernelfc, en prirent ombrag-!. Profitant d'un statut qui autorisait les membres honoraires - cette porte dangereuse pour toute société de traYailleurs - elles firent entrer des ingénieurs dont lïnnuence ne tarda p;is it se manifester et qui pouss~r,::nt - occultemcnt - à se faire reconnaitre d'utilité publique. Leur pernicieux avis fut écouté. Dès lors, l'Association avait dévié de son but. Ses décisions étant soumises à la ratification du Conseil • d'Etat, elle put encore acquérir des obligations, mais non plus des actions. lesquelles donnent !jeule,; le droit à une représentation. ,\ ce moment. vint la loi de 1884. Les premières tentati\'eS pour remettre it profit la législature nouvcile se firent dans de mau,·aises conditions. Un syndicat fondé dans cette même année et dù à l'instigation d:! M. Petit, ingénieur, n'a jamais dépassé le chifTrc de 8.000 adhérents et maintenant il n'existe plus: un autre, le syndicat Guirnbert, est en décroissance rnanif~ste. Après avoir attendu sept années l'issue de ce double essai et les services qu'on en avait espérés, quelques anciens administrateurs de la Fralt'l'lll'lle, à lïnstigation de M. Prades. ouvrier sellier it la Compagnie de l'Ouest, fondèrent, en 189 1, le syndicat qui est actuellement en pleine prospérité. La nouvelle Société - CIH1111{1re ., unrlicafr cl!' lrt Fà!éJ'lllion ri· w:rale des chemins de {l'I' de la Fra11ce et des tolonies - ne tarda p:1s à essuyer les persécutions des Compagnies. Ses administrateurs ~t s~s propagandistes furent rigoureusement frappés. Déplacements,· révocations, ré_clamations repoussées de parti-pris, on eut recours à tous les moyens pour les réduire. ' fn jain 1891, les Compagnies résolurei1t de frapper un grand
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