LA REVUE SOCIALISTE coup. En une seule fois, le renvoi de quatre-vingts ouvriers syndiqués de !'Orléans-Parisien fut prononcé. Le syndicat fit de vains efforts pour obtenir la réintégration de ces ouvriers. L'agitation fut vive et prolongée; la grève de !'Orléans (juillet 1891) en fut la conséquence. Débordé par le flot de colères grossissant chaque jour, le syndicat ne put résister da\'antage aux éléments d'excitation qui l'entrainaient hors des limites de la prudence. Non seulement il encouragea la grève naissante, mais la voyant sur le point d'échouer, il proclama la grève générale. La défaite prévue ne se fit guère attendre et devint le signal de terribles représailles. Au milieu de la déroute complète du syndicat, 854 ouvriers ou employés furent révoqués. De 20.000, le chifTre des membres tomba subitement à 9.000, - 8.000 dans les départements et 1 .ooo à Paris au lieu de 9.000 et I r .ooo. La résistance plus grande de la proYince s'explique par ce fait que celle-ci fut relativement très peu atteinte. A ce moment, l'association était à peu près détruite, la confiance perdue, la démoralisation générale. C'est dans ces circonstances pénibles, nous l'avons dit, que Guérard se révéla par sa vigueur et son sang-froid, restant sur la breche, tenant tête à la panique avec quelques collaborateurs dévoués, multipliant son activité, semant partout la propagande, sous forme de brochures, de réunions, de manifestes. de conférences. Peu à peu, le syndicat se reprit à la Yie; ses membres dispersés se rallièrent à cette voix convaincue: de nouvelles recrues affluèrent. Le nombre des adhérents était, au 31 mars 1892, de 28,591; un an après, :.tu 3 r mars 1893. de 42. 3 r o. Dans le dernier semestre des premiers exercices, la moyenne des adhésions par jour était de 29; pendant le trimestre correspondant de l'exercice suivant, elle fut de 4:; ; elle tend à s'éle\'er encore. A la date du 31· octobre dernier, elle était de =;oet la Société comprenait , 3,409 affiliés, chiffres que n'a pu atteindre aucune des autres organisations de chemins de fer européennes. On comprendra maintenant l'importance que nous avons attrihuée au syndicat des chemins de fer français et aux premières tentatives d'organisation internationale dans lesquelles il est appelé à jouer un rè>leconsidérable. V. JACLARD.
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