La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

86 LA REVUE SOC!ALISTE condition déjà acceptée par la grande compagnie du Nord -Est; 2° interruption du travail par un repos de huit heures; .3° six jours de travail, par semaine. Si les revendications sont repoussées, la grève sera aussitot déclarée. Le délégué italien se montre peu satisfait et trouve bien faibles les désidérata qu'on vient d'indiquer. Ce qu'il faut, selon lui, c'est affirmer le droit des travailleurs de la voie ferrée à la propriété collective de celle-ci. M. Guérard lui fait observer que les chemins de fer doivent appartenir à la nation entière et non pas aux travailleurs qui y sont employés, que les bénéfices de l'exploitation doivent profiter non seulement à ces derniers, mais à l'ensemble de la collectivité. Après cette digression qu'il n'était pas sans intérêt de noter, le congrès adopte l'article 6 amendé par la délégation suisse, c'est-à-dire a\'CC un repos hebdomadaire de trente-six heures. la journée de huit heures et la nomination d'un patron particulier. Ces mesures (art. 7) devront être étendues à tous les pays. Vient ensuite l'article 8 : Fixation d'un 111ini111wn de salaire et d'une pension. Le congrès des chemins de fer français tenu l'an dernier à Paris, s'était prononcé pour un minimum de salaire de 4 francs par jour et une retraite minima de 1,200 francs, après vingt ans de service. M. Brandt constate qu'en Suisse les retenues pour la retraite sont énormes (8 fr. par exemple pour 110 francs par mois). Et ceux qui restent jusqu'à la limite d'àge y ont seuls droit. li est d'avis qu'on doit viser de préférence à une assurance générale sur la Yieillesse, les maladies et lïnYalidité. ü.11ant au minimum de salaire. il demande comment les Français peuvent expliquer la fixation d'un minimum uniforme. M. Guérard répond : ,< Sans doute un minimum de salaire uniforme peut paraitre peu équitable, étant donnée la grande ,_.ariété du prix des ~ubsistances; mais la cherté de l'existence dans les villes a ses compensations. L'uniformité de la retraite s'impose aussi par cette autre considération qu'un travailleur condamné à passer sa Yie dans un trou de province ne peut être rivé encore à cette chaine pour la fin de ses jours, et que c'est bien le moins qu' i 1 puisse aller manger où il lui plaira le pain de la vieillesse. ,< Moi aussi, ajoute-t-il, je suis partisan d'une caisse d'assurance générale, et nous savons que la question a fait l'objet en France d'un projet de loi et de plusieurs propositions parlementaires. Mais devonsnous attendre que les Chambres aboutissent, ou ne convie nt-il pas pour l'instant, d'exercer une pression sur nos employeurs, de façon à obtenir le contrôle de nos caisses de retraite et à se garantir contre un

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