LES TRA VAILLEURS DES CHEMINS DE FER qu'.Lin jour et ses membres ont pu tenir, sans être gênés des coudes. dans la petite salle de la brasserie Gambrinus, rue Schoffelgasse. Les débats ont été on ne peut plus pacifiques, troublés seulement par le vaet-vient d'une 1)1cwlch('Jl. aux joues rutilantes et aux traits agréables, qui distribuait, pour la modeste somme de quatre sous, des chopes monumentales remplies du liquide particulièscment cher au roi Gambrinus, seul potentat dont nous reconnaissions volontiers le prestige. Ce calme, qu'aucune passion n·a traversé. explique le silence qui s'est fait autour 9u Congrès et crée pour nous une obligation de plus de ne point taire les choses excellentes qui y ont été ·dites. A neuf heures précises, un citoyen. taillé comme de,·aient l'ètre nos Normands d'autrefois, M. H. Yan l,ol (Asmsterda111), se lhe. C'est lui qui a signé la lettre de conYocation au Congrès. E111pressons-nous de remarquer, tout d'abord, que la question de la langue unique, en dépit du Congrès socialiste international qui, quelques jours avant, l'avait dédaignée, a !rouvé ici un co111111enccmcnt de solution. Ayant le choix entre le hollandais, l'allemand, l'anglais et le français quïl possédait à peu prè;; également, l'orateur ouvrit la séance dans notre langue, bien que nous ne fussions représentés que par un seul délégué et que le Congrès se tint en pays alle111and. Le français serait-il appelé à devenir la langue du socialis111e international, de mème qu'il est déja la langue de la diplomatie? Nous applaudirions à ce choix, non par Yanité nationale, mais parce, qu'il dispenserait nos enfants d'apprendre le ,·olapük. « Citoyens, dit M. van Ko!, la Hollande a pris l'initiative de cette réunion qui marquera dans l'histoire du travail : car c'est au premier Congrès internatioual des chemins de fer que nous assistons. Notre mission est grande; nous avons à contracter une alliance qui reliera entre eux tous les travailleurs de la voie ferrée. >~ Après avoir dépeint la terrible oppression qui pèse sur ces derniers, l'orateur ajoute : « Citoyens, soyons sobres de paroles. mais prenons des résolutions sérieuses; évitons les discussions inutiles; inspirons-nous de l'esprit de concorde et ne nous séparons pas, sans avoir fondé la grande alliance des travailleurs des chemins de fer. >> Le président provisoire annonce la présence de dix-huit délégués, représentant la Hollande, l'Autriche, l'Italie, l'Angleterre, la Suisse et la France; l'Allemagne s'esL abstenue. Le petit nombre des délégués ne saurait étonner, attendu qu'il s'agit plut6t d'une conférence préparatoire que d'un Congrès.·Voici les noms des sociétés représentées: Nederland~che Bond van Spoor en Tramweg personnel (Amsterdam). Fachverein der Verkehrsbediensteten Œsterreiche (Vienne). Associazione agenti delle Ferrovie del Mediterraneo (Mi)an;. 6
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