La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

80 LA REVUE SOCIALISTE LES TRA V AILLEURS DES CHEMINSDE FER " L'industrie à laquelle nous appartenons, disait M. \'an I<ol, en ouvrant le pre111iercongrès international des chemins de fer, se distingue entre toutes par son importance : c'est elle qui possède le plus grand no111bre d'ouvriers. C'est chez elle que la lutte des classes se présente sous la forme la plus aiguë ; car. nulle part, on ne rencontre, en face de plus immenses capitaux, une situation aussi pré-::aire du travailleur. livré à la seule ressource de son maigre salaire. >' L'orateur aurait pu ajouter que pour nous tous, il y a un intérêt égoïste à nous préoccuper des conditions d'existence des travailleurs qui tiennent notre vie entre leurs mains et dont le surmenage peut provoquer d'épouvantables catastrophes. Sous le joug qui les courbait, les travailleurs du chemin de fer ont eu les débuts les plus pénibles dans la voie de l'organisation; récemment encore, dans certains pays, comme nous le verrons tout à l'heure pour la Hollande, ils en étaient réduits à en\'elopper leurs mode~tes tentatives du mystère de la conspiration. Aujourd'hui enfin, ils font hardiment leur entrée dans le champ de l'action nationale et internationale. Au mois d'août dernier, leurs délégués, venant de six nations différèntes, ont tenu leurs premières assises internationales. Nous allons rendre compte de cet évène111ent, qui nous permettra de jeter un coup d'œil rapide sur la situation existante et sur les revendications for111ulées dans plusieurs pays étrangers. Puis, nous nous occuperons plus spécialement de la situation des ouvriers et employés de chemins de fer dans notre propre pays. J. -- PREMIER CONGRÈS INTERNATIONAL DES CHEMINS DE FER ET DES TRAMWAYS Le Congrès international des chemins de fer, qui s'est tenu à Zurich le 14 août dernier, n'a pas soJlevé grand tu111ulte; il n'a duré

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